Sainte marie-couche-toi-là

Dernière mise à jour le 25 janvier 2017.

Première Partie

  • Prenez-moi Habib ! Ça fait des jours que j’en ai éperdument envie, lui dis-je en promenant délicatement ma langue dans ses oreilles, le long de son cou. Je me trémoussais, sensuelle, sur son corps tendu de désir pour moi. Pour moi !
  • Catherine, c’est mal. Ce serait commettre un péché que de satisfaire vos envies, bredouilla le Kouros qui obsédait mon esprit depuis voilà quelques mois.

Sous prétexte de l’entretenir d’un sujet, je l’avais entraîné dans l’un des placards à balais du presbytère de St Jacques.

  • Oubliez cela Habib ! Je sais que vous avez autant envie de moi ! Allez, suppliais-je un peu irritée qu’il résiste à mes charmes. Je ne vous plais donc pas Habib ?
  • Bien-sûr que oui ! J’suis carrément excité ! Mais je ne peux pas. Je vous en prie !
  • Vous n’aurez à rien faire. Je suis aux commandes.

Je m’abaissai et je défis sa braguette. Je sortis son membre. Oh surprise et satisfaction ! J’ai attendu ce moment depuis si longtemps ! J’empoignai son sexe et je lui fis une pipe à faire pâlir plus d’un. Il haletait et gémissait doucement. Ses mains commencèrent à parcourir mon corps doucement. J’étais on ne peut plus excitée. Tout d’un coup, il me renversa sur le sol.

  • Que Dieu nous garde, ma sœur !! dit-il avec un sourire ironique.

D’un mouvement des doigts, il se faufila le long de ma robe et enleva ma petite culotte ! Que Le Seigneur soit magnifié. Des sensations d’extase déferlèrent en moi. Il se mit à me faire de petites bises sur mon corps. Je n’en pouvais plus de gémir pourvu qu’on ne nous entende pas. Défaisant mon corsage, Habib s’employa à triturer mes tétons. J’avais la chair de poule. Il retira ses vêtements et les miens avec. J’étais nue pour la première fois sous les regards d’un homme. Je fermai les yeux un instant. Juste pour donner l’impression d’une vierge effarouchée ! Mais je crois qu’il est trop tard pour faire ma sainte-nitouche. Il s’approcha lentement, d’un air rassurant et s’apprêta à me faire gravir les échelles vers le réel paradis quand nous entendîmes un bruit de pas venant de l’extérieur ! Une voix appelait :

  • Habib ! Où est-il passé nom de Dieu ! Habib !

C’était le Père Curé.  Habib se releva prestement et commença à se rhabiller. Je me sentir refroidir d’un coup.

  • Que fais-tu ?? lui chuchotai-je
  • Mais, je me rhabille pardi. Le Père Curé m’appelle, dit-il à voix basse, légèrement choqué par mon insistance. Tu devrais en faire autant.

Lentement, je m’accroupis pour rechercher ma petite culotte. Celle-ci s’était retrouvée dans un recoin poussiéreux du réduis. Je sentis son regard sur mon postérieur et j’attendis un commentaire qui vint.

  • Tu as un très joli fessier pour une sainte, dit-il sarcastiquement. Ma sœur, j’espère qu’on finira cet échange inachevé.

Qu’il s’en aille. Qu’étais-je prête à faire ? Mon Seigneur et mon Dieu, que m’arrive-t-il donc ?

Je m'appelle sœur Catherine et je crois que j'ai une furieuse envie de sexe. Click To Tweet

Seconde Partie

Comment se sent-on quand sa vie change en un claquement des doigts ou juste dans un placard à balais? Littéralement vide. J’ai passé des nuits froides à prier, genoux nus, sur le bois rugueux de l’Eglise. J’essayai de me convaincre que j’avais vécu un rêve, que quelque démon m’avait possédé l’esprit et le corps. Ce n’était sûrement pas moi ce jour-là à réclamer avec désespoir le plaisir de la chair. Ce n’était sûrement pas moi. J’avais peur de chaque rire sur mon passage, de chaque regard réprobateur, inhabituel, de chaque homélie sur les plaisirs de la chair, de chaque petit sourire d’Habib; J’avais peur. Et si mon secret était mis à nu? Que dis-je! Je perds la tête.

Des milliers d’images coquines m’envahissent l’esprit. Des fois, je m’imaginais vivre l’érection d’Habib en moi. Et si on l’avait fait? Et si on était allés plus loin? J’aurais aimé le ressentir, savoir ce que ça fait d’être transpercée par un homme. Qu’est-ce que ça fait de ressentir son corps jouir? J’aurais aimé les vivre ces orgasmes dont nulle bouche ne me parle. Que m’arrive-t-il? Perdrai-je la foi, la vocation et la pureté? Je suis une servante de Dieu. Mais m’entend-t-il? Toutes mes prières semblaient ne pas l’atteindre. Ces neuvaines, ces chapelets, ces privations, ne les voit-Il donc pas?

Comment se sent-on quand on est censé être un modèle de pureté mais qu’on n’aspire qu’à se salir sur l’organe génital d’un homme? « Je vous salue Marie, pleine de grâce. Le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus le fruit de vos entrailles est béni. Sainte.. »

  • Sœur Catherine,

Je fus interrompue dans ma prière par un léger tapotement sur mes épaules. Légèrement agacée, je relevai la tête avec lenteur. C’était la sœur Véronique. Elle avait une expression craintive dans les yeux qui piqua ma curiosité.

  • Oui, ma sœur, dis-je tout sourire bien que frustrée par son dérangement.

J’étais agenouillée devant la représentation de notre Sainte Vierge priant pour les âmes des enfants défavorisées et des filles en perdition, en l’occurrence moi.

  • Que puis-je faire pour vous Sœur Véry?

Elle était avec moi l’une des plus jeunes profès de la Cathédrale de St Jacques. Je ne lui ai jamais accordée une attention particulière. Nos échanges s’étaient toujours limités au strict nécessaire. Il faut dire qu’elle était plutôt taciturne et réservée, comme si le simple fait de respirer lui était insoutenable.  Ce charme léger lui attirait bien quelques ennuis mais elle semblait se plaire dans sa vie de dévote.

Elvis de Dravo

  • Le père Martin accepte de vous recevoir dans une trentaine de minutes pour votre confession. J’aimerai bien vous entretenir d’un certain sujet après cela si vous êtes disponible, me fit-elle avec difficulté.

Que diantre, voudrait-elle bien me dire? La dernière chose dont j’ai envie actuellement c’est de parler décorations et bondieuseries. La première chose étant bien évidemment le sexe. Une furieuse envie… Oh mon Dieu, ça reprend ! «Je vous salue Marie, pleine de grâce… ». Je m’élançai dans une nouvelle vague de prière, oubliant presque la présence de Sœur Véronique. Le bruit de ces doigts qui trituraient nerveusement sa tunique me ramena à la réalité.

  • Je vous remercie. Je vous rejoins dès que j’ai fini, murmurai-je
  • Ça me ferait énormément plaisir. Mais pour l’instant, je vous conseille de rejoindre le Père Martin avant que les fidèles l’assaillent.

Sur ce, elle se retourna dans un frou-frou de jupons un tantinet dérangeant. Ce damné frou-frou me rappela ma vie. Un foutu frou-frou que j’aurais aimé banal. Mais, j’ai eu droit à la totale : La nollywoodienne. J’ai été abandonnée telle une Quasimodo sur le pas de l’Eglise St Jacques, il y a 26 ans, le jour de la fête de Catherine de Sienne. Les religieuses m’ont recueillie et élevée dans leur orphelinat avec la dernière dévotion, persuadées que Notre Seigneur m’enverrait un père et une mère. Une éducation drastique en somme. Où m’a-t-elle menée ? A réclamer un missionnaire dans un placard à balais ? Quelle élégante définition de l’orthodoxie. Mes vœux de chasteté et d’obéissance se fanent dans mon corps à chaque pensée pécheresse. Je sens que ma résistance à la tentation s’est beaucoup amoindrie.

J’ai un ennemi qui n’est autre que mon propre corps. Comment passe-t-on du jour au lendemain de la fiévreuse dévote à l’assoiffée de sexe ?

Ma dix-septième année à l’orphelinat fut celle de mon engagement religieux. Je me dévorais de passion pour Dieu et l’annonce de l’Évangile. Aujourd’hui, 32 voix féminines (la totalité des Sœurs de la Communauté) pourraient être unanimes sur l’intensité de ma foi et de ma dévotion. Mais pendant combien de temps encore tiendrai-je ? Mon corps n’avait laissé échapper nulle faiblesse, nul gémissement  durant ma période de probation. Servir Le Seigneur est ma vocation. Ou était. Car maintenant, je ne sais plus quoi penser.  Quand je pense que tout ceci avait commencé à quelques semaines des vœux définitifs qui m’uniraient au Christ pour toujours.

Que m’arrive-t-il ? Pourquoi ces pensées abominables ont pris naissance dans ma tête ? Pourquoi ce corps innocent se troublait-il autant ? Quel est donc ce démon qui passe ses doigts sur mon corps ? Est-ce une épreuve de Notre Seigneur pour m’éprouver ? Il connaît mon cœur, avait-Il besoin de me torturer à ce point ? Au point où, ces nuits où je priais toute en sueur, je me plaisais à promener mes doigts sur mes tétons incroyablement tendus et mouillés. Toutes ces nuits à vouloir que mes doigts soient ceux d’un homme.

Par Tous Les Saints !

Elvis de Dravo

J’avais confessé ces pensées impures au Père Martin, curé de la paroisse St Jacques. Il m’avait toujours semblé l’exemple du serviteur discret mais efficace du Seigneur. Bondé d’empathie, il n’a émis aucun jugement sur ma personne. Il pria mille et une fois à mes côtés pour éloigner ces pensées de moi. Il m’a confié mille et une tâches pour occuper mon esprit à autre chose. Rien n’y fit!

Mes rêves étaient emplis de tant d’impureté. Mes nuits, de tant de troubles. C’en était insupportable ce dilemme entre mon cœur et mon corps. Trois années que j’endurais cela. Que vais-je devenir? Et mes rêves de vie religieuse? D’épouse du christ?

Sur les conseils du père Martin, je prononçais finalement mes vœux. Mais des vœux simples qui m’engagèrent temporairement. Ces trois dernières années, je les passais ainsi, à me flageller tentant de repousser le venin du plaisir charnel, à prier tard la nuit. Je m’étais même fait ce petit surnom de Sainte Marie, dans la communauté. Quelle parjure !

Tous ces efforts me semblaient vains aujourd’hui puisque j’avais presque violé ce pauvre Habib. Ce jeune homme était un mâle. Un mal, que dis-je !

Elvis de Dravo

Lourdes pensées, le Père Martin m’attend. Une grande nouvelle également. Nous avions eu recours à des méthodes moins métaphysiques, lors de notre dernier tête-à-tête. Je présume qu’il m’en annoncera les résultats aujourd’hui. Avec effort que je sortis de la nef pour rejoindre le Père Martin dans le confessionnal. C’était l’une des curiosités de l’Eglise St Jacques.

Notre confessionnal était situé dans une espèce de cavité, peinte des Saints Visages de La Foi catholique.  Deux tabourets austères faisaient office de sièges. C’est dans cette ambiance froide que j’appris la nouvelle qui allait à jamais bousculer ma vie dans tout ce désordre. Le Père Martin était un homme rondouillet qui avait du mal à se déplacer. On sentait tout de suite son péché mignon à ses pommettes rieuses. Aujourd’hui, son expression me semblait très loin de la joie. Mon cœur se mit à battre tel un tambour de l’Apocalypse.

  •  Oh Père Martin, fis-je avec précipitation, sans m’embarrasser de salamalecs. Dites-moi que mon âme trouvera bientôt le salut !

J’étais au bord de la crise de larmes. Le Père m’ordonna de m’asseoir du regard. J’avais du mal à maitriser le tremblement de mes mains. Malgré sa bonhommie, le Père Curé avait toujours su s’imposer quand il le fallait, avec un jeu de regards dont lui seul avait le secret. C’est ainsi qu’on est passé du strict nécessaire à un régime de prières plus assidu, depuis voilà cinq ans qu’il a été nommé Curé. Et moi ? A quoi étais-je sur le point de passer?

  • Je vous écoute mon père. Je vous en prie, dites-moi que tout ira bien.

Sur son insistance, j’avais procédé à une série de tests médicaux et psychologiques. Méthodes très loin des pratiques catholiques. Mon cas était si désespérant que le Père Martin s’était écarté des principes de La Maison.

Pour une affaire de furieuse envie de sexe. Oh, Grand Dieu !

  • Ma sœur, il va vous falloir beaucoup de foi et de courage. Les tests n’ont pas répondu à nos prières. Mais le miracle de la foi y arrivera. Je vous demanderai beaucoup de patience et d’amour pour Notre Seigneur. Nos trois années d’interrogation ont finalement trouvé réponse.

Cet air sérieux, ce ton grave et ces propos alarmants. Ça doit être ainsi les grands changements de la vie, silencieux, dissimulés sous tant de rhétorique.

  • Qu’y a-t-il mon père? Que disent les tests? Soyez direct.
  • Sœur Catherine, vos amygdales présentent une certaine irrégularité. Le système limbique est sérieusement atteint.
  • Mon Père, les propos de Notre Seigneur me semblent moins paraboliques que les vôtres, sur le coup. Je suis prête à recevoir quelque nouvelle que ce soit. Trois années de prières m’y auront largement préparée, ne croyez-vous pas ?

J’étais agacée par sa diplomatie inutile. Je n’étais pas à un problème de plus dans ma vie. Mes nuits sont des équations quotidiennes à résoudre. Même s’il m’annonçait que je mourrai demain, je l’accepterai comme une délivrance.

  • Sœur Catherine, vous souffrez d’hypersexualité, de nymphomanie. Sœur Véronique aussi, lâcha-t-il d’un trait avec toute la gêne de ce monde.
  • Quoi?

Je préfère la mort à ça. Sainte Marie, mère de Dieu, appelez les pompiers, Deux nonnes nymphomanes se baladent dans la cathédrale ! Click To Tweet

Troisième partie

Je lançai un long cri de désespoir. Le père Martin était au comble de la gêne. Il priait probablement pour disparaître de l’épicentre de mon malheur. Comme pour l’en empêcher, je m’agrippais de toutes mes forces à sa soutane, trempant celle-ci de mes larmes.

  • Mon Dieu, pourquoi ? Comment cela a pu arriver ? Père Martin, répondez-moi !
  • Ma sœur, commença-t-il avec douceur en me tapotant l’épaule. Souvenez-vous des paroles de Notre Seigneur dans Romains 8 verset 28 : « Toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein ».
  • J’aurais accepté toutes les épreuves de ce monde mon père mais celui-ci est trop lourd pour mes épaules. Qui pourrait lutter contre sa propre chair ? criai-je presque, agacée par ses propos lénifiants.
  • Vous n’êtes pas seule, ma sœur. Je serai toujours là, comme ces trois dernières années, à prier pour le salut de votre…corps.

Je l’écoutais à peine, toute occupée à pleurer. Ils sont drôles ces gens qui vous demandent passion et foi dans l’épreuve. Ne connaissent-ils donc pas cette sanglante sensation d’être plus bas que terre ? Savent-ils l’ardeur avec laquelle on réclame la mort ? Et cette immense solitude, la connaissent-ils ? Cette certitude que notre vie se terminait là, l’ont-il jamais ressentie ? Sont-ils jamais tombés dans ce gouffre ?

  • Et il y a sœur Véronique…
  • Mais pourquoi me le dites-vous ?
  • Vous en parlerez avec elle. Confiez-vous à Notre Seigneur, Lui seul pourra vous donner le réconfort.
  • Mais comment est-ce possible ? Ma vie sacerdotale est finie !
  • Des gens ont servi Le Christ avec bien pire, Sœur Catherine. Selon le médecin, deux explications, l’une neurologique et l’autre psychologique, expliquent votre…mal. Il pense que le manque d’affection durant votre enfance entre nos murs est susceptible d’avoir participé à cela. Un traitement médical et un suivi psychologique pourraient vous aider.

Rien de ce qu’il pouvait dire ne pourrait éteindre ma douleur. Le Ciel m’était tombé sur la tête et m’avait enfoncée dans une situation inextricable. Comment puis-je servir Le Seigneur et respecter mes vœux tout en étant à la recherche permanente d’une satisfaction sexuelle ? Nymphomanie et Religion c’est le noir et le blanc, le Sel et le Sucre. Ce serait mentir que de croire que je m’en sortirai. Le père Matin me regardait, plein de sollicitude, mais malgré tous ses efforts pour la voiler, une lueur d’inquiétude animait son regard. Et je ne pouvais le supporter.

  • Merci mon père. Permettez que je me retire, murmurai-je finalement avec un peu de froideur.
  • Je vous en prie ma sœur. N’oubliez pas, je suis là.

Il ébaucha un sourire crispé. On aurait dit qu’il craignait que je n’interprète mal ses propos. Moi, la bête de sexe !

  • Ne vous inquiétez pas mon père, fis-je sarcastique, je ne vous sauterai pas dessus.

Elvis de Dravo

Sans attendre de réponse, je m’en allais aux dortoirs rejoindre Sœur Véronique. Ce que je pensais être une discussion insipide ne serait en réalité qu’une séance de lamentations et de pleurs. Il était presque onze heures. Les autres sœurs devraient être sûrement occupées à décorer la nef pour le mariage de cet après-midi. Je passais devant la cathédrale en baissant la tête. Je ne voudrais pas qu’une foule de dévotes se jette sur moi à me demander ce que j’avais et que je me retrouve à bégayer, trop honteuse de leur dire que j’étais une nymphomane qui se masturbait plus de cinq fois par jour et avait failli m’envoyer en l’air à l’intérieur de l’église. Non, je n’en avais pas besoin actuellement.

Arrivée devant la porte de Sœur Véry, je frappais trois petits coups. Elle mit des minutes à réagir. J’étais sur le point de retourner à mon désespoir quand la porte s’ouvra dans un grincement désagréable. Ah, les vieilles portes de St Jacques ! Une autre curiosité à…entendre.

  • Sœur Cathe, entrez.

Ce que je fis. La douceur de sa voix eut sur moi l’effet qu’auraient dû avoir les propos du Père Martin. Je me sentis réconfortée par ce simple « Entrez ». Je ressentis moins de solitude, à raison. C’est la première fois je franchissais cette porte. Sur le coup, je me dis que j’aurais dû le faire plutôt, sans toute cette histoire, sans toute cette tension.

Elle me fit asseoir sur son lit unique meuble confortable de la pièce mis à part une étagère. Le décor austère avait pour tout ornement, une statue de Notre Seigneur Jésus-Christ et la représentation de sa Très Sainte et Immaculée Mère.

  • Sœur Catherine, le père Martin vous a surement entretenue de notre…point commun, avança Sœur Véry en s’asseyant à mes côtés, assez pour que je sente son haleine. Celle-ci sentait légèrement le concombre.

Comme le reste de la chambre, d’ailleurs. C’en était assez intrigant quand on sait que le concombre n’était pas consommé à St Jacques. Je me secouai pour penser à l’essentiel qui n’était pas la présence dérangeante de concombre en ces lieux mais la raison de la mienne.

  • Effectivement, ma sœur. Je me demande bien pourquoi il m’a parlé de vous.

Je la fixai. Elle cligna des yeux si rapidement que mon cœur cessa de battre un instant. Savait-elle quelque chose qu’il ne fallait pas ?

  • Oui je l’ai autorisé à le faire, lâcha-t-elle dans un souffle!
  • Mais comment pouvez-vous savoir que j’étais dans le même pétrin que vous? Comment père Martin a pu ne pas respecter le secret confessionnal ?

Je me relevai pleine de rage, bien décidée à rendre une seconde visite au Père Martin. Cette fois, sans mes larmes ! La sœur Véronique garda son calme en m’avouant ce que je craignais déjà.

  • Je vous ai vu l’autre jour dans le presbytère avec Habib. Puis les autres fois dans la nef, à vous caresser en priant. Mon objectif n’est pas de vous faire sentir mal. Je ne vous comprends que trop bien. J’avais juste envie de nous voir unir nos forces contre ce mal qui ronge.
  • De quoi parlez-vous ? Je crois que je ne comprends pas très bien, bégayai-je paniquée par la tournure des évènements.

Qui d’autre était au courant ? Qui d’autre savait que mes prières étaient parsemées de gémissement, quand mes doigts se retrouvaient entre mes lèvres, à rendre hommage à mes nymphes et gloire à Dieu ?

  • Ma sœur, vous n’avez pas à être seule à vivre cela. Je voudrais qu’on se soutienne l’une et l’autre.

Elle s’était rapprochée de moi au fur et à mesure. Mon esprit confus remarqua à peine ses doigts nus et frêles posés sur les miennes, froides et sensibles. Etions-nous en train de ressentir toutes deux cette envie…furieuse d’entrer l’une en l’autre ? J’avais envie de la mettre nue, de lui enlever sa robe, de l’embrasser. Qu’ai-je donc, Mère de Dieu ?

– Que diable faites-vous Sœur Véry? Vous n’allez pas bien?, bafouillai-je toute inhibée de mon fiévreux désir d’elle.

C’est une femme ! Click To Tweet

Elle se rapprocha encore plus et m’embrassa. Je la laissai faire. Je n’aurais même pas pu résister, tellement je n’attendais que cela. Je n’avais jamais été embrassée. J’avais cru que je ne le serai jamais. Mais voilà, j’ai ma première fois. Dans les bras d’une femme ! Ce baiser était si troublant. Il était comme un soulagement, comme la liberté, comme un oui enfin dit. Je perdis toute inhibition. Je répondis à son baiser avec une telle fougue que nous perdîmes notre souffle! Elle me regarda et dit:

– J’ai envie de vous! Je ne peux et ne veux pas me refréner, lui dis-je entre deux souffles.
– Moi non plus. Plus maintenant.

Elvis de Dravo

N’était-ce pas les plus belles paroles de ma vie ? Les lèvres collées, nous retrouvâmes Eve nues dans sa chambre. Elle me caressait, oh mon Dieu ! J’avais le corps en feu, le corps au bout de l’exposition. Je répétai tous ses gestes, docile à mes envies. Atteindre l’extase dans les bras de Véronique était mon nouvel engagement.

Sa langue rapide parcourait mon corps allongé dans ses draps. Nue devant Notre Seigneur. Elle se mit à jouer avec mes tétons du bout de la langue lentement puis elle les tritura avec le pouce et de l’index. Je gémissais de plaisir. Que c’était bon ! Que c’était enivrant ! Elle s’arrêta un instant pour me sourire. Je ne ressentais aucune gêne. J’aimais la voir me regarder comme si j’étais une raison de vivre. Mais je piaffais d’impatience. Mon corps attendait quelque chose.

Qu’est-ce qu’elle me fait? Oh Jésus-Marie-Joseph! Oh Dieu, qu’est-ce que c’est bon! Elle avait introduit avec précision son doigt entre mes lèvres. Elle savait où toucher, où caresser. J’étais humide, littéralement mouillée. Ses doigts faisaient de langoureux va-et-vient entre mes nymphes. Et sa langue avait pris en otage la plus petite partie de mon corps et certainement la plus sensible. Je criais de plaisir. Combien du temps cela dura? Je ne pus le dire mais je me sentie grimper vers ce quelque chose que j’attendais depuis trois ans. Trois longues années. Ce fut comme un réveillon. Explosif. Un, deux. Trois. Quatre, cinq, six, sept.

Tout-à-coup pendant 3 secondes, je crus que je m’évanouissais. Je planais loin de St Jacques, loin du Père Martin, loin de la honte et de la culpabilité. En apesanteur. Quelle violence ! Un frisson apaisant  parcourut mon corps. J’étais là. Enfin là. Oh oui! Oh oui! Oh oui! Mon Dieu!

Véronique s’arrêta essoufflée. Je la pris dans mes bras. Je voulus lui dire merci. Mes lèvres s’en occupèrent. Je l’embrassai. Doucement, comme si je l’avais toujours connue.

Elvis de dravo 4

Subitement, j’eus encore envie de sexe. Mais avant, je voulais la remercier d’une manière plus poussée. Je lui fis tout ce qu’elle m’avait fait. Toutes ces choses qui m’avaient bouleversée. Fougueusement, avec toute la tendresse que je pouvais dénicher en moi, je lui donnai du plaisir. Véronique avait un corps magnifique, que sa robe ne laissait jamais deviner. Elle réagissait à mes caresses par une chair de poule. Elle avait le plaisir et le caractère silencieux. Quand elle atteint, l’apogée de son plaisir, elle me sourit une fois de plus. Je compris.

Nous nous endormîmes l’une dans les bras de l’autre. Je crois que j’aime le sexe. C’est une prière qui porte ses fruits. Je me sentais libre.

Des bruits venant de l’extérieur nous réveillèrent. Les autres sœurs étaient de retour. Déjà ! J’aurais aimé que ce moment dure à jamais. Mais un sursaut de conscience me revint. J’étais une sœur. Une religieuse. J’ai fait vœu de servir mon Seigneur sans jamais fléchir. Voilà qu’à genoux devant lui, j’avais offert ma fleur à une autre sœur. Couchée et insouciante, j’avais accompli l’abominable devant notre Sainte Mère !

  • Sœur Véry, commençai-je la regardant dans les yeux.
  • Je sais tout ce que vous allez tenter de me dire, coupa Véronique avec un sourire triste. Cela ne se reproduira plus. Je vous donne ma parole. Rien de tout ceci ne sortira de ces murs.

Elle descendit du lit pour se rhabiller. Ce corps parfait, ces fesses dodues, ces tétons tendus. Non, je ne pouvais pas arrêter. J’avais franchi le rubicond, autant aller jusqu’au bout.

  • Non sœur Véronique! Nous ne pouvons pas arrêter. Habib ou toute autre personne de son genre ne peut me satisfaire. Et comprendre mes envies. Je vous veux vous.

Je m’approchai d’elle par derrière et je recommençai à la caresser. Encore ! Encore! C’était mon corps, de nouveau excité!

– Oh Sœur Cathe, vous n’êtes pas si sainte marie que cela en fin de compte. Une bonne sainte marie-couche-toi-là, ironisa- t-elle en me renversant sur le lit !

Religieuses, nymphomanes et maintenant lesbiennes. De mieux en mieux. Mais n’en déplaise à l’Eglise Catholique, Mon corps a ses raisons que le Pape ignore. Click To Tweet

 

Quatrième partie

Le ciel est beau. Les oiseaux virevoltent dans ce bleu divin. La cloche de l’Église résonne et effraye les colombes qui s’envolent elles-aussi! Je suis heureuse. Épanouie comme jamais. J’avais enfin trouvé un port après des années de vogue. Il s’appelle Véronique.

Elle me comblait. 35 jours déjà que nous entretenions cette relation, où l’une se donne entièrement à l’autre. J’avais appris à la connaître, dans tous le sens biblique du terme. Elle me donnait envie de magnifier encore plus Le Seigneur.

Véronique avait l’art de m’aimer comme je le voulais. Je ne vivais plus que par ses caresses, ses lèvres. Ses petites fragilités, son petit rire silencieux et sa manière de jouir tout aussi calmement, je les adorais. Elle était née sans connaître sa mère elle aussi mais avait vécu toute son enfance avec son père. Un père dévasté par la mort de son épouse, qui donnait plus d’amour à une morte qu’à sa propre fille. Quand je vois Véronique, quand je nous vois toutes deux, je me rends compte à quel point une vie sans amour peut être horrible.

Notre amour est secret. Parce que oui, je l’aimais ma Véry. Le père Martin n’en était pas informé. En avait-il besoin ? Qu’est-ce que son intervention aurait changé à un désir dévorant, indomptable ?

On se voyait tard les soirs ou quand les autres sœurs étaient en mission. On s’arrangeait toujours pour être celles qui restent pour s’occuper de l’Église. On partageait nos repas ensemble. Elle me chuchotait à l’oreille les propos anodins que l’amour rend précieux. On était, et ce littéralement, fourrées dans nos jupes. Aux yeux des autres, nous étions devenues les meilleures amies du monde.
Mais. L’incontournable mais.  Le point noir sur ce beau tableau de bonheur était la paranoïa de ma bien-aimée. Elle avait constamment peur qu’on nous découvre. Elle réveillait tout le temps les questions religieuses, morales et éthiques que j’essayais d’ensevelir dans mes pensées. Nous étions des pécheresses !

Puis, elle devenait plus taciturne. Nous en sommes arrivées à cause d’elles à prier qu’à nous aimer. Cela ne servait pas à grand-chose parce que l’envie qui nous rongeait ne bougeait pas. Au contraire, on en devenait que plus voraces. Des fois, elle se mettait à prier quand j’étais à genoux entre ses cuisses. Comme pour s’empêcher de ressentir le plaisir. Ce plaisir coupable dont je ne me lassais pas. J’aurai bien voulu la suivre dans cette pénitence mais j’avais cessé de croire en une possible rédemption de mon âme. J’aime le sexe. Je l’aime dur comme fer. Dur comme le concombre. Véronique, cette petite coquine qui s’ignorait, avait fini par m’avouer pourquoi sa chambre empestait le concombre. Elle en faisait un usage plutôt insolite. Je l’imaginais au comble de la gêne et de l’envie se les enfoncer lentement, se sentir honteuse d’en aimer le contact glacé et dur, de se sentir mouiller comme pleure une madeleine.

Oh, la coquine. Click To Tweet
Edd3
Cet après-midi, j’étais occupée avec la Mère Supérieure à un mariage. La nef était remplie par une foule endimanchée. La joie était palpable. Un mariage ça fait toujours plaisir à voir. La mariée, d’une trentaine d’années semblait avoir attendu ce moment toute sa vie. Elle souriait à son époux béat devant ce moment d’union ultime. Ils ont intérêt à garder le même entrain pour les années à venir. L’Eglise Catholique tolère moins les divorces que les nymphomanes.

Je n’avais pas vu Véronique de la journée. Elle semblait m’éviter depuis quelques jours. J’en étais inquiète et excitée. Un petit jeu du chat et de la souris qui présageait de bons moments d’extase. Je bridais mon impatience et m’efforçait à penser à des choses plus pures, comme l’eucharistie que je tenais entre les mains.

A mon vif soulagement, le Père Marc qui officiait le mariage nous fit grâce d’une longue messe. Soulagée, je me faisais une joie de retrouver ma chambre et Véronique en bonus. Qui eut-cru qu’un mariage pourrait être aussi excitant ? Je tournais les talons quand la mère supérieure me rappela.

– Sœur Catherine, pourriez-vous m’aider à établir le programme de demain ? Nous recevons demain les fidèles de la paroisse de St Xavier. Le père Martin tient à ce que ça soit parfait, fit-elle avec un sourire qui n’en était pas vraiment un.

Qu’est-ce que c’était énervant ! Comme si je pouvais refuser! J’aime bien la Mère supérieure mais là en m’empêchant de rejoindre Véronique, elle me donne des envies.

Oh Pardonnez-moi Très Saint-Esprit!

  • Bien-sûr Mère! Je m’en charge avec plaisir, répondis-je en lui souriant de la même manière.
  • Commencez sans moi. Je dois chercher un document important au presbytère.
  • Allez-y, je m’en occupe
  • Vous êtes un ange!

Si seulement elle savait. J’étais sur le point de répondre d’un merci sarcastique quand nous entendîmes un cri. Un long hurlement de détresse venant des dortoirs. Mais qu’est-ce donc cela? Nous nous élançâmes en direction d’un drame horrifiant. Toutes les sœurs pleuraient comme si Notre Seigneur Jésus-Christ s’était encore fait crucifié une fois de plus. J’essayai de ne pas trop m’alarmer. Certaines sœurs étaient tellement émotives qu’elles se mettaient à pleurer quand elles apprenaient que des enfants ou des familles sont morts de faim dans quelque partie de notre globe terrestre. Mais voir tout le groupe, avec les sœurs réputées pour la solidité de leurs nerfs, s’effondrer comme une seule personne n’était guère rassurant. Je cherchais Véronique du regard. Elle devait être la seule à pouvoir m’expliquer le problème sans interruptions lacrymogènes.

  • Qu’y a-t-il?, demandais-je à la ronde apeurée. Que s’est-il passé?

Aucune d’elles ne put ouvrir la bouche pour me répondre. Elles se remettaient à pleurer de plus belle. Je vis venir des dortoirs Frère Thibaut, le responsable de la catéchèse, arriver lui tout aussi en pleurs. Je m’avançai à sa rencontre et lui posai la question fatidique. La mère supérieure, effarée, lui demanda avec autorité la raison de ces lamentations.

  • Frère Thibaut, qu’y a-t-il?
  • Un drame est survenu, ma sœur, commença-t-il en reniflant.
  • Mais quoi? Dites-moi! Qu’est-il arrivé au Père Martin ?

En effet, c’était la seule personne qui pouvait causer à ma connaissance, autant de pleurnicheries si quelque chose lui advenait.

  • C’est la sœur Véronique, lâcha-t-il difficilement.

C’eut le don de redoubler les pleurs assourdissantes des sœurs. De mon côté, je me sentais défaillir. Je craignais le pire.

  • Sœur Véronique? Oui, continuez au nom de Dieu !

Je m’étais mise à crier sur frère Thibaut sans m’en rendre compte. Tous ces silences et ces pleurs m’avaient mis les nerfs en pelote. On aurait dit qu’ils prenaient tous un plaisir sadique à retenir cette information, à coup sûr déplaisante.

  • Sœur Véronique est morte. Elle s’est…
Je n'ai jamais entendu la fin de cette phrase. Click To Tweet

Cinquième partie

Quelques heures plus tard, je me réveillai. La tête lourde, les pensées en panique. J’étais dans ma chambre, toujours abasourdie et choquée par cette horrifiante réalité qu’il me faudra affronter. Je me recroquevillai contre moi-même, mon chapelet serré contre le cœur. Je voulais prier. Mais je n’y arrivai pas. J’étais comme morte aussi.

Je pensais à elle. Comment a-t-elle pu me faire ça ? Me laisser, seule. Sans elle. Ma bien-aimée Véronique. Pourquoi nous as-tu fait ça ? Pourquoi nous as-tu tuées ? Une à une, comme si elles n’avaient attendu que mon réveil, de grosses larmes m’envahirent.

Pendant combien de temps suis-je restée prostrée dans cette position? Je ne saurais le dire. Pendant combien de temps mes larmes coulèrent sans que je ne fasse rien pour les sécher ? Probablement une éternité. Eternité que la mère supérieure vint interrompre, tenant une lettre dans ses mains. Elle s’assit au bord de mon lit et posa ses doigts frileux contre ma main. Et même dans cette immense douleur, mon corps y trouva des raisons de frémir.

  • Sœur Catherine, comment vous sentez-vous? Nous sommes toutes sous le choc. Nous ne nous en remettrons jamais mais il faudra bien avancer. Je sais que vous vous étiez rapprochées et que votre cœur est plein d’amour pour votre prochain. Mais essuyez vos larmes. Ne pleurez plus car Notre Seigneur Jésus-Christ dans Sa divine miséricorde saura recevoir l’âme de Sœur Véronique. C’était une servante dévouée. Dieu n’oublie pas ses ouvriers. Prions pour le repos de son âme.
  • Je vous remercie ma Mère. Vous avez raison. Véronique était si pleine de vie et si fervente. Je n’arrive pas à croire qu’elle ait commis un si grand péché. Pourquoi avoir fait ça ?, dis-je entre deux sanglots, quoiqu’ayant une idée vague de la réponse.
  • Je n’en sais pas plus que vous ma chère. Mais cette lettre fut retrouvée à son chevet, répondit-elle me montrant la lettre pliée. Elle répondra sûrement à votre question.

Mon cœur se mit à battre comme la nef à une kermesse.

  • Vous ne l’avez pas lue ?, bégayai-je en faisant fi du bruit assourdissant de ma poitrine.

Le pire serait que quelqu’un découvre que nous avions commis un plus grand péché. Celui de la chair. Nymphomanie, homosexualité et maintenant suicide, Véronique avait enchaîné les pires horreurs que l’Eglise avait érigés en péchés capital. Ne devrais-je pas faire comme elle ?

  •  Non, répondit la mère supérieure. La bienséance nous recommande de faire le deuil avant de la lire afin de respecter sa mémoire. Je la lirai donc plus tard. Pour l’instant, elle reposera dans mon bureau. Justement, je voulais que vous m’aidiez à la mettre en lieu sûr dans mon tiroir. La gauche de préférence. Je la donnerai à son père dès qu’il sera averti de notre perte. Voici la clé. Dépêchez-vous, nous avons une urgente session de prière pour elle.

Elle me tendit la clé de son bureau, me sourit et s’en alla. J’étais mitigée entre ma douleur et le soulagement d’avoir cette lettre entre les mains. Une lettre non ouverte. Une lettre qui ne me rassurait pas. J’espère que je n’aurai pas à prendre de décision radicale à cause d’elle. Qu’a-t-elle écrit, Bon Dieu ? Je dépliai la lettre.

« Si vous lisez cette lettre, c’est que je ne suis plus. A vous, à mes Sœurs et à Dieu Tout-Puissant, je demande pardon. J’ai commis l’innommable, l’abominable et l’immoral. Je me suis souillée devant les Hommes et devant Dieu. Je ne pouvais plus supporter cette angoisse perpétuelle et ce poids que je porte sur mon cœur. Je ne pouvais pas non plus supporter d’être excommuniée pour avoir commis ces péchés. Ne plus pouvoir servir le Seigneur, être couverte de honte et ressentir la déception de mon père sont mes pires frayeurs. Je suis malade d’hypersexualité. Au lieu de trouver la guérison dans l’amour du Seigneur, je l’ai recherchée dans l’amour de la chair. Je ne peux vivre avec ce qui m’éloigne de mon Dieu. J’ai aimé une sœur, faible créature comme moi. J’ai brisé mes vœux sur l’autel de mes désirs. J’en demande pardon à Dieu. Véronique E.  »

Mes pensées s’emmêlèrent. Ma respiration devint courte.  Je devais prendre une décision sur le champ. Découvrir celle dont parlait Véronique dans sa lettre allait être un jeu d’enfant. Tout le monde s’est rendu compte qu’on était devenues plus proches et si complices. Je ne pouvais pas détruire cette lettre. Je ne pouvais pas réécrire une autre lettre. Si cette lettre doit disparaître, je dois disparaître avec elle. Il n’y a pas de temps à perdre. Je dois partir de la Cathédrale.

Il faisait déjà nuit. La communauté devrait être à la nef, en train de prier. Je brûlais la lettre à la lueur d’un cierge. J’enfouis quelques vêtements et effets dans une sacoche de cuir et je sortis en douce de ma chambre. Le couloir était vide comme je l’avais espéré. Je me dépêchai de sortir du dortoir comme une voleuse. Était-ce un coup de chance ou un coup de pouce du diable ? La cour de l’église était déserte. A pas feutrés, je me jetai dehors. Puis, comme prise par une crise de panique soudaine, je me mis à courir.

J’ai couru pendant des heures, bousculant passants, traversant imprudemment. Sans m’arrêter, sans souffler. J’expérimentai les ailles de la peur. Les passants se retournaient sur mon passage, surpris de voir une nonne aussi pressée. Mais j’avais cessé d’être une nonne. Depuis si longtemps. Depuis ce jour-là, dans le placard. Mais comment pouvaient-ils savoir? L’habit ne fait pas la religieuse. Et la prière ne fait pas le bon chrétien.

Après avoir mis une bonne distance entre l’Eglise et moi, je m’arrêtai au bord d’une route. Une autoroute déserte, effrayante comme mon avenir. En effet, où irai-je ? Où vont les orphelins qui n’ont connu que les murs d’une Eglise qui menaçait de devenir une prison ? Qui sauve les nymphomanes pécheresses et criminelles ?

Parce que j’ai tué Véronique. Click To Tweet

 

Sixième partie

Je l’avais tuée par mon insistance, cet amour trop étouffant qu’on donne, ces doigts qui toujours se baladaient sur son corps. Je n’écoutais plus son cœur. Je ne lisais que ses frissons et mes envies. Je me suis laissée allée à cet amour coupable , oubliant le reste du monde. Mais n’est-ce pas ça l’amour ? Cet appareil photo qui ne vous restreint que sur votre objectif, la personne que vous aimez.  Ce focus qui vous fait oublier Dieu et les Hommes. Mon amour avait tué Véronique. J’en serais jugée.

Mes pieds étaient endoloris à force de marcher sans destination précise. Et surtout marcher quand votre cœur lui-même marche sur des lames. Elle était morte. J’aurais dû mourir à sa place. Quand je n’avais plus cru en la vie, c’est elle qui m’a redonné le souffle. Mais c’est elle qui craque au premier coup. Comme notre premier coup ! Quand je pense à nos ébats, mes nymphes s’humidifient d’elles-mêmes. Le sexe encore le sexe! Quatre lettres qui résument ma pauvre vie de nonne! Quand je pense que ça aurait dû être les 4 lettres de Dieu.

J’avais très mal au pied. Je devais trouver quelqu’un pour me dépanner. La route était quasiment déserte mis à part deux voitures en panne qui stationnaient sur le bord. Je désespérai quand je vis arriver une fourgonnette, roulant doucement. Sauvée! Je me mis à faire de larges signes au conducteur afin qu’il s’arrête. Je redécouvrais les privilèges de l’habit de religieuse. Cet empressement que vous suscitez quand vous êtes en détresse, cette gentillesse assez curieuse où tout le monde se croit en devoir de vous aider afin de soulager un tant soit peu sa conscience. Le conducteur, un homme frisant la quarantaine, arrêta la fourgonnette juste devant moi. Ma foi, il le fit avec une belle adresse. Il passa la tête à travers la portière:

  • Je vous dépose quelque part ma sœur? dit-il en me souriant comme un enfant de chœur
  • Oui ça me plairait bien. J’aimerais me rendre dans la ville d’à côté. Vous y allez? demandais-je en priant tous les Saints que la réponse soit positive.
  • Mais mon terminus n’est pas très loin de là. Vous montez?

Il m’ouvrit grandement la portière. Je lançai d’abord mon baluchon avant d’arranger mon habit pour grimper sur le siège. Je m’assis confortablement avant de laisser ces mots sortir de ma bouche. Il fallait jouer le jeu jusqu’au bout.

  • Que Dieu vous bénisse mon fils.

J’étais si heureuse de m’être enfin assise que le conducteur le remarqua.

  • Ah! Vous devez être très fatiguée ma sœur. Je m’appelle Angelo. Vu qu’on a encore un bout de chemin à faire ensemble…

Il démarra tout en parlant. Je ne voyais que ses lèvres claires dans cette opacité vespérale. Je n’avais pas très envie de déblatérer sur des salamalecs mais je lui devais bien ça.

  • Enchantée Angelo. Je suis la Sœur Catherine.

Je lui fis un sourire crispé pour signifier la fin de la conversation. Pour donner plus de poids au silence, je pris mon missel dans ma sacoche. Je l’ouvris espérant trouver le réconfort tant cherché dans l’Évangile. Mais aurait-elle toujours la même influence, dans ce cœur rongé par la culpabilité et le désir ? Nous fîmes un bon bout de chemin avant qu’il ne se décida à me dire:

  • Qu’est-ce qui vous amène si loin de chez vous à cette heure Sœur Catherine? bredouilla-t-il en me regardant furtivement.
  • Mon fils, les affaires divines ne connaissent pas d’heures.

J’espérais que cela le fasse taire. Mais, il reprit de plus belle en me posant une question assez surprenante.

  • Vous avez l’âge d’être ma mère?

J’étais si estomaquée qu’aucun mot ne voulut sortir de ma bouche. Et c’était tant mieux.

  • Vous avez l’air très jeune, si je pus me le permettre

Un ange passa. Pourquoi devrais-je répondre à cette impertinence ? Où est le respect dû à ma qualité de religieuse ? J’étais une servante de notre Seigneur Jésus-Christ et de sa Sainte Mère. Cela ne suffisait-il pas ? Je me mis à scruter le prétendu Angelo. Je crois que sa bonne face n’était que ce qu’elle était : Une façade !  Je l’avais mal jugé. Mon regard descendit plus bas. Je tombais le cœur battant sur une chose pas très catholique qui manifestait sa vie.

Je comprenais enfin les questions déplacées de mon bienfaiteur. Il avait plus d’admiration pour moi que je ne le croyais. Je ne sus à quel moment je fus hypnotisée par cette turgescence. J’étais en pleine contemplation déplacée quand j’entendis un raclement de gorge! La situation était ridicule ! Je lui reprochais de me poser des questions irrespectueuses mais j’étais la première à fixer ses attributs génitaux avec envie. Que pensera-t-il de moi s’il remarquait mes jambes qui se frottaient entre elles ? Mes nymphes était si humidifiées que je sentais la cyprine couler dans mon entrecuisse. Refréner mon corps était devenu ardu depuis que j’avais croqué dans la pomme. Quant au brave Angelo, il avait enfin résolu son dilemme nominal.

  • Ma sœur, dit-il d’une voix nettement plus sûre et posée, ça vous plairait de délivrer une âme en peine?
  • De quoi s’agit-il mon fils?, bégayai-je enfiévrée par la tournure de la conversation.

Je n’avais qu’une seule envie sauter hors de cette fourgonnette avant de me voir à genoux, lui faisant la branlette.

  • J’ai une telle envie de vous. Le diable est à mes trousses. Priez pour moi.

Je ne le regardais pas. Des pensées trottinaient dans mon esprit. Il était beau garçon. Mis à part cette permanente envie de sexe, je n’avais jamais couché avec un homme. Comment était-ce ? Plus violent ? Plus plaisant ? Plus divin ? J’avais vraiment envie de savoir ce que pouvait être l’amour avec un homme. Après mon expérience ratée avec Habib, la question était sans réponse et ne cessait de me triturer l’esprit. Cette malsaine curiosité devrait normalement me déranger. J’étais en deuil de la femme que j’aimais. Mais me voilà, toute prête à me faire sauter par un quelconque conducteur de fourgonnette ! Jusqu’à quel point tombe-t-on bas ?

Ce fut à son tour de me regarder avec des yeux ronds comme des billes! Promptement, il gara le véhicule sur le bord de la route et me fixa avec avidité. S’approchant lentement de moi, il chuchota, heureux :

  • Qui suis-je pour refuser une grâce divine? Pour une fois, les voies du Seigneur semblent pénétrables. Alléluia.

Je m’abaissai sans un mot et je défis sa braguette. Le vit n’était pas aussi impressionnant que celui d’Habib mais il pouvait faire l’affaire. D’une main adroite, je le mis dans la bouche et de l’autre je m’agrippais au volant. Je me lançais vigoureusement à la rencontre de sa racine que je le fis gémir langoureusement. Il posa sa main sur ma tête me guidant dans mes allez-retours. L’autre main dans mon corsage attrapait mes seins et les pressait très doucement. Il semblait doué. Je me surprenais à grommeler la bouche…pleine.
Quand je sentis qu’il n’en pouvait plus, je relavai la tête. Il voulut parler mais je mis mon index sur ma bouche pleine de sa semence, lui intimant l’ordre de la fermer. Je retroussis ma robe. Je me rapprochai encore plus de lui. Mon chauffeur enleva délicatement ma petite culotte et introduisit ses doigts dans mes nymphes. Il s’attela à effectuer un va et vient qui me rappela à quelques différences près les doigts de Véry. J’étais suffisamment humide, qu’attendions-nous ?

Il ouvrit la portière et me coucha sur la banquette. Il s’étendit ensuite sur moi. Je tremblai quand je sentis son membre fouiller entre mes cuisses pour trouver l’entrée. Oh! Qu’est-ce que c’était dur! Il commença à bouger d’abord lentement puis à une vitesse qui m’arracha quelques gémissements. Encore et encore. Il venait dans tous les sens ! Me taquinant les tétons. Je fermai les yeux essayant de ne plus voir son visage qui exprimait un plaisir assez vif. Puis, des effluves montaient en moi et me firent perdre tout contrôle. Ca semblait le ravir de me voir crier ainsi. Tout-à-coup, je me sentis fondre de plaisir. Je jouis de manière grandiose, je l’avoue. Mais lui pas. Il n’en avait pas encore assez. Il continuait, avec encore plus d’ardeur. Il releva ma jambe sur son coup. Je crois que je le ressentis jusque dans mon estomac. Je m’agrippais à son cou en criant ! C’en était insupportable de plaisir. Il s’arrêta. Je croyais qu’on en avait fini mais non ! Il me retourna et s’introduisit de nouveau en moi ! Mon Dieu, quelle vigueur! Click To Tweet

Chose étrange, nus jouîmes ensemble dans un râle grisant. Il s’arrêta essoufflé et se retirai lentement de ma cavité. Je m’essuyai avec un kleenex. Un silence gêné s’installa quand nous reprîmes la route. Je constatai que nous n’étions plus très loin de la ville car on en voyait déjà les lumières. Quelqu’un nous avait-il surpris ?

Angelo me conduisit jusque devant la première boutique de cette ville inconnue. Je rassemblai mes affaires et je descendis de la fourgonnette. Il avait un air triste, comme si le moment de plaisir passé, sa conscience avait ramené ses scrupules. Je connaissais ce sentiment d’avoir raté une occasion de résister à la tentation. Je ne supportais pas ce regard de culpabilité qu’il posait sur moi. J’avais déjà assez de démons à gérer pour m’encombrer de ceux d’un autre. Quelques heures après avoir perdu la femme que j’aimais, j’avais fait ces choses. Bon gré, mal gré, c’était une partie de moi. Un passif que je devais accepter. Pour couronner ce tout ce que je fuyais, je dis à cet inconnu qui venait de me connaître, le plus gros mensonge de toute ma vie.

  • Je ne suis pas une vraie religieuse Angelo, ne prenez pas cet air coupable. Je me rends à une fête costumée.

Son visage traduisit un très grand soulagement. Il me fit un large sourire et répondit :

  • Ah! Je m’en doutais un peu. Merci, j’ai passé un bon moment. Nous reverrons nous?
  • Merci à vous aussi.
  • Merci à vous Catherine. J’en avais vraiment besoin. Amusez-vous !
  • Au revoir Angelo. Pour un ange, vous êtes d’une vigueur diabolique, fis-je dans un sourire pour dissimuler un rictus de douleur.

Angelo répliqua:

  • Et toi, tu es très chaude pour une nonne!

Il s’en alla sur ces mots. Je restai seule sur le trottoir, désemparée, hagarde et perdue. Et maintenant, qu’est-ce que je fais ?

Septième partie

Darios Tossou

J’étais toujours assise sur le trottoir, perdue dans mes interrogations. La tête chaude un instant et froide l’instant d’après. J’étais perdue dans ma tête, dans mon coeur et dans cette ville si petite et si calme que c’en devenait terrifiant. J’entendais des croassements de corbeaux, quelques grillons et maintenant un bruit de chaussures. Je ne pris même pas la peine de relever la tête. Mais le bruit s’arrêta pile dans mon dos. Prise de panique, je me levai. Je vis une jeune fille ou une dame d’une trentaine d’année habillée en jeune fille. Que dis-je, en petite fille. Provocante. Ce fut le premier mot qui me vint à l’esprit en la voyant. Elle me regarda pendant près d’une minute. Son regard s’attarda sur mes vêtements de nonne puis sur ma poitrine. Après quelque secondes, elle esquissa un sourire sarcastique et me tendit la main:

  • Ravie de faire votre connaissance, Sœur Cathe.

Christ! Comment me connaissait-elle? La peur devait se dessiner sur mon visage car elle reprit sur le même ton sarcastique:

  • N’ayez pas peur. Je m’appelle Nathalia. Les amis m’appellent Nathee ou Nath pour les pressés…Je vous ai entendus depuis ma chambre. Vous et votre fils enfin votre ami. Que faisiez-vous assise là depuis, ma très chaude sœur? L’Église de cette ville n’offre plus la charité à l’un d’entre eux?

Elle était si perspicace. Je ne savais comme prendre ses propos. Devrais-je me sentir offensée, jouer ou juste dire la vérité ?

  • Bonsoir ma fille. Je méditais avant de me rendre à l’Église. L’esprit du Seigneur était dans les lieux, dis-je en prenant ma plus digne et ma plus revêche voix.

Elle éclata d’un rire aussi bruyant que la zone était silencieuse. Celle qui se faisait appeler Nathalia-Nathee-Nath s’approcha dangereusement de moi et me toucha l’épaule, une grande commisération dans les yeux. C’est ainsi que je découvris ce qu’elle avait de plus beau : ses yeux. Ils semblaient percer votre âme de mille feux. Je me sentis si vulnérable et si pécheresse. Qui était cette fille? Un envoyé de Dieu ou Diable? Je ne tarderai pas à le savoir car elle me dit, un sourire moqueur au creux de la bouche, avec un air si amusé:

Je l’interrompis toujours drapée dans ma dignité du moins pour ce qu’il en reste.

  • Vous n’en savez rien, ma fille.
  • Fermez-la et suivez-moi, répliqua-t-elle autoritaire. A moins que vous ne souhaitez-vous faire violer par un clochard qui ne sera que plus émoustillé par votre habit de religieuse. Un peu plus que votre ami à la vigueur diabolique. Oh ma sœur, vous êtes très vilaine et je vous aime bien. Laissez-moi donc vous offrir la charité.

J’étais trop étonnée et éreintée pour protester. Je la laissai donc m’amener dans l’immeuble qui jouxtait la boutique devant laquelle j’étais assise un instant plus tôt. Nous montâmes au troisième étage. Elle ouvrit une grande porte qui donnait dans un vaste séjour avec des divans un peu partout et qui sentait tellement bon. Elle m’amena encore plus loin dans un couloir avec 6 portes. Elle choisit la première. J’entrais donc dans une grande chambre décorée avec une telle froideur que je sentis que personne n’y habitait mais cela respirait le luxe. Nathee déposa ma sacoche sur le lit et s’assit dessus. Je m’approchai un peu apeurée par cette fille.

  • Venez-vous asseoir Cathe. fit-elle avec sa voix suave.

J’obtempérai et je la fixai, attendant la question qui tue.

  • Je veux qu’avant le lever du soleil vous me racontiez votre histoire.

Avais-je le choix? Peut-être. Je pouvais bien mentir et raconter une histoire anodine. Mais à quoi cela servira-t-il ? Un mensonge de plus pouvait bien m’amener dans une pire situation. De plus, je sus qu’elle le saurait, si je mentais. Elle en savait déjà assez pour se faire une idée. Et c’est ainsi que je lui racontai mon histoire. Les jours passés dans la quiétude divine de l’orphelinat de St Jacques. Ma profession de foi. Mes confessions au père Martin. Habib. Ma maladie. Véronique. Ma fuite. Et enfin Angelo. Nathee m’écoutait avec grande attention. Cela me rassura. Elle ne parlait pas, ne m’interrompait mais je sentais qu’elle connaissait la valeur de cette confession. Je me laissais aller à lui ouvrir mon cœur, mes espérances. Mes peurs. Mes peines. Mes remords. Mes péchés. Je me confessai à elle plus intensément qu’au père Martin. Je ne sais à quel moment je me mis à pleurer. Et elle me prit dans ses bras. Son contact me troubla.

  • Pleure Catherine. Ça te fera du bien. Tu sais Nous sommes tous des pécheurs. Et moi je ne te jetterai pas la première pierre. Pleure.

Elle répétait ce verbe comme un mantra. Mais ce n’était que l’ombilic de certains messages subliminaux. Je le sus bien plus tard. En effet, elle répétait  »Pleure » en disant d’une voix encore plus basse: Tu vas rester avec moi. Je vais prendre soin de toi. On sera de grandes amies. Je commençais à somnoler, bercée par sa voix. Elle se leva un instant et revint avec de l’eau qu’elle me fit boire. Je me rappelle que ça avait un arrière-goût légèrement acidulé. Elle me reprit dans ses bras et recommença à marmonner, à me bercer. Et je m’endormis.
J’ai longtemps dormi. A mon réveil, Nathee était penchée sur moi et me regardait comme hier avec ses yeux si perçants. C’est eux qui m’ont réveillée. J’en suis certaine. Cette fille est bizarre.

  • Bonjour, dis-je d’une voix pâteuse encore embuée de sommeil.
  • Bonsoir Cathe. Il est 19h. Et on est demain; railla-t-elle comme à son habitude.
  • J’ai dormi pendant plus de 20h??
  • Hé calme-toi. Cela te fera du bien. Reste tranquille.

Foutue voix suave dont l’autorité me calma instantanément. Elle reprit, toujours souriante. Ce même sourire qui m’avait fait avouer tous mes péchés, toute cette vie à se perdre sans jamais se plaire. J’avais peur de ce qui venait. Elle semblait sur le point de demander quelque chose de déterminant.

Huitième partie

 

  • Sainte Mère de Dieu! Délire t-elle ?
Je m'appelle Cathe. Je ne serai pas une Catin! #Founmi Click To Tweet

J’étais hébétée. Je ne pouvais plus articuler la moindre syllabe. Mais Nathee semblait attendre une réponse car elle continua de me fixer…et cela me mettait très mal à l’aise. Que dire…? J’ai commis beaucoup de péchés. Je couchais avec tous ceux qui se trouvaient sur mon chemin même le premier venu car j’avais une incessante envie de sexe. Me masturber ne réglait pas le problème mais rendait mes envies plus aiguës. Entendre cette fille, cette inconnue me parler de prostitution m’excitait encore plus. Malgré moi, malgré mes desirs, mon corps a envie de s’exprimer.
J’aime Le Seigneur de toute mon âme et je Le crains. J’ai passé ma vie à l’adorer et à le servir. Et jusqu’à ce jour, j’espérais encore trouver un moyen de me repentir et de revenir à lui. Et devenir une prostituée était le plus court moyen de m’éloigner encore plus de lui.

Mais J’AI ENVIE DE SEXE!

Ma chair demande du plaisir et mon âme en devient sourde à l’appel du salut. Toute cette foi, cette dévotion au Seigneur, toutes ces flagellations, ces prières et ces jeûnes n’arrivent pas à me défaire de ce mal. L’amour de la chair avait pris le pas sur l’amour du Christ. J’avais pris goût aux plaisirs salaces et pervers. J’étais presque aussi délurée qu’une prostituée. Accepter donc la proposition de Nathee était superfétatoire. Mais c’était le point de non-retour, le billet pour l’enfer.

Je ne sais rien de cette fille à part le fait que c’est une proxénète très riche et très belle. Elle paraît si empathique et si sûre d’elle. Je suis tentée de rester à ses côtés pour mieux la connaître et être son amie. Je devais gagner du temps.
Je baissai les yeux très lentement et je lui dis:

  • Je…je ne peux pas te répondre là maintenant. Je vais y réfléchir.
  • Penses-y, fit-elle en s’approchant très doucement de moi pour m’embrasser dans le cou Je dois faire une course. Fais comme chez toi. Mais ne passe pas par le séjour si tu dois sortir. Il y a une porte dans le couloir qui mène à l’escalier de secours.
  • D’accord.

Je lui souris et elle fit de même. Ce sourire qui la transfigure et lui donne un aspect onirique…Oh cette femme! Succube ou Madone? Je ne saurais le dire mais ce dont je suis certaine pour l’instant, c’est qu’elle n’a rien d’immaculé. Ce bisou à l’air innocent dans mon cou m’avait fait plus frémir que une voulais l’avouer.

Aujourd’hui, était vêtue d’une jupe très ovale fleurie qui lui donnait l’air d’une lycéenne de seize ans. Mais son corsage était si décolleté qu’on devinait sans grande imagination ce qu’il y avait en dessous. C’est-à-dire des seins fermes sauvagement tendus à l’avant comme pour lancer un appel…au sexe. Elle était légèrement maquillée et offrait un spectacle si paradoxal. Femme fatale ou vierge inconsciente? Cette femme était née pour séduire.

Elle s’en alla d’une démarche si suave que j’eus la chair de poule. Oh mon Dieu. Envie de sexe! Je me suis rendormie après son départ, rêvant d’elle et de moi, rêvant de moi l’entrainant ans la danse endiablée du sexe. Oh, du sexe. J’en veux ! Je la veux, cette femme!

Quelques heures plus tard, je fus réveillée par des gémissements lascifs et voluptueux provenant du séjour. Je me levai lestement excitée par ces soupirs non moins familiaux. La bête sexuelle qui sommeillait en moi depuis pour être plus précise. Mon corps répondit à ce cri. Le cri de la chair. Que dis-je? La mélodie entraînante et eurythmique de l’amour.  Je croyais Nathee partie…
Je me dirigeai lentement à pas feutrés dans le couloir. La porte du séjour était légèrement entrebâillée. Je me souvins de la mise en garde de Nathee. Elle m’avait expressément interdit d’y entrer mais mes sens était tous fébriles. Je devais savoir.  Que diable se passait-il dans cette pièce? Je crois me souvenir qu’elle était remplie de divans et sentait extrêmement bon. Je n’avais pas tort. Plus j’avançais et plus des effluves de parfum caressaient mon odorat et remplissait mon être d’une sérénité dénuée de réalité qui attisait encore plus mon désir. Et puis cette odeur, de la chair pétrie dans la chair, l’odeur du sexe suant et transpirant, de deux corps soudés et dansants. Je la connais par coeur, cette odeur. Je ne pouvais pas me tromper. Derrière cette porte, des êtres s’envoyaient en l’air.

Je risquai un coup d’œil à l’intérieur. Oh le spectacle! Je savais maintenant à quoi servaient les divans. Innocents et trompeurs comme leur propriétaire. Sur chaque divan, un homme et une femme…en plein acte sexuel ! Tous en Andromaque! Et aucune trace de Nathee.

J’étais attirée par la scène et je m’avançai. Encore plus. J’avais une furieuse envie de faire comme eux et de vivre par mon corps. Je repensai à la proposition de Nathee de coucher contre une rémunération pécuniaire, de l’argent impur …l’argent du travail de mes entre-jambes. A y penser, c’était un trafic ignoble. L’amour du plaisir charnel doit-il me conduire à m’aliéner ainsi et à perdre ce qui me reste, aussi infirme que ce soit, de ma dignité? Je ne pouvais répondre à ma propre question car mon cerveau avait cessé de fonctionner. Je ne m’appartenais déjà plus. SEXE! SEXE! SEXE!
Et je dis, tout haut:

  • J’ai envie de sexe.

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Ils levèrent tous le regard vers moi, stoppant ces délicieux ébats.

 

Mon Dieu, que faisais-je ? #Founmi Click To Tweet
Un homme se releva, laissant de côté sa cavalière. Il vint à ma rencontre, nu. Son corps me faisait frémir à l’avance. Elle était indubitablement très belle, cette architecture. Je ne m’attardais pas sur son visage. Que pouvais-je en faire? Tout ce qui m’intéressait, tout ce que voulait mon corps c’était le sien. Juste lui en moi, pendant longtemps.

Sans un mot, il me prit par la taille et me déshabilla. Il me souleva sans grand effort et me déposa dans le fameux divan. Sa cavalière se déplaça avec un soupir qui se voulait de regret.

Ce digne inconnu savait prendre son temps et rendre mon corps impatient. Je pouffai de colère et de plaisir. De ses doigts effilés, il refaisait les contours de mon corps, s’attardant entre mes cuisses, entre mes lèvres, entre mes seins, entre moi. Juste avec ces doigts sortis de nulle part, il m’enflammait. J’avais les yeux fermés, je voulais me concentrer sur ces milles et unes sensations. J’étais aussi gênée de savoir qu’on était pas les seuls dans la pièce. Etait-ce un bordel ou un club de vices ?

Je croyais qu’il allait juste attendre que je n’en puisse plus pour me la mettre. Je n’étais pas préparée à ce déferlement de sensations mitigées. J’hésitais entre crier de douleur et gémir de plaisir. Il m’avait retournée sur le ventre à ma grande surprise. Il m’attrapa les fesses et les pressèrent comme si elles contenaient l’élixir de la vie. Je passais un moment incroyablement intense. Qui était-il ? Comment savait-il que faire et quand, pour me faire crier comme si rien n’y personne ne pouvait m’empêcher de vivre ce moment ? Ni Nathee, Ni le fantôme de Veronique, ni le Père Martin, ni Dieu.

Il s’arrêta un moment. Le calme avant la tempête ! Je sentis mes lèvres s’ouvrir avec une force et une douceur inouïe, s’ouvrir à la présence d’un étranger si désiré. Je le sentais dans mes jambes, dans mon ventre, compressant autour de lui toute ma féminité. Il allait et venait comme si mon plaisir ne comptait plus, comme si mes cris de douleur et de plaisir étaient de la musique à ses oreilles. J’avais mal et dans le même temps, je souhaitais que son puissant corps m’achève.

J’étais on ne peut plus comblée quand il s’arrêta enfin dans un long râle.  Les autres nous jetaient de furtifs coups d’œil. Je crois que les hommes enviaient mon partenaire. Quand je fus fatiguée au point de ne plus bouger, je retombai à ses côtés. Le jeune homme, puisque c’en était un, me couvrit derechef de petits  caresses affriolantes. Vous savez comme j’adore qu’on me dise que ce n’est jamais fini ? Avec des caresses, des baisers et mes lèvres s’ouvrent, de nouveau, avides. Je le laissai me prendre une fois encore mais dans une position pas très catholique. J’étais en plein extase, transportée vers mes cieux chéris. Après avoir atteint le summum du plaisir, mon partenaire se recoucha et me passa un verre d’eau que j’ai bu avec autant de plaisir. Son goût me rappela celle que Nathee m’avait donné avant-hier. Ce même goût acidulé. Je m’endormis.

Je fus réveillée le lendemain matin par un bisou dans le cou. Nathee! Elle était assise sur la table avec ce sourire sarcastique qui créait en moi un malaise. Allait-elle me faire des objurgations ou des ovations? Moi qui, quelques heures plus tôt, avais presque refusé sa proposition, je me retrouvai là sans grande peine à faire office d’une chaude marie-couche-toi-là. Moi qu’on appelait la sainte, il y a trois jours de cela dans un autre monde. Si lointain à présent.

Cette petite diablesse tenait dans ses doigts une cigarette à peine entamée.
Elle croisa ses longues jambes avec la sensualité qui lui était propre. Elle ne disait rien, faisait durer inutilement ma gêne. Me fixer et fumer un coup. Je sentais mes nerfs au bord de l’explosion. Qu’elle dise quelque chose ou qu’elle cesse de me regarder ainsi ! J’étais nue et seule, couchée dans un divan où sont passés tous les vices sexuels que l’imagination humaine pourrait créer. J’étais nue, là, moi la bonne soeur de Ste Jacques, meurtrière et impure. J’étais là, le corps apaisée par une nuit à suer pour le sexe. Elle continuai à fixer et lâcha enfin:

  • Je vois que tu as fini de réfléchir.
Et elle éclata d’un long rire lugubre. #Founmi Click To Tweet

 

Neuvième partie

Nathee est restée là à me fixer pendant un certain temps. Je subissais son regard, immobile, le visage empreint d’une honte terrible. Je ne savais quoi lui répondre. C’est ainsi. Je suis vraiment une bonne catin. Maintenant que dois-je faire? Continuer à me voiler la face? Ou m’accepter telle que je suis pour enfin avancer et quitter cette torpeur qui m’astreint à commettre des actes abjects. Je ne pouvais plus vivre sans ignorer les réclamations de mon corps…Il faut préciser que je n’étais pas contre ces sensations qui déferlent en moi et me grisent.

Plus de faux-semblants: Oui. J’aime ça. J’aime le sexe. Ça me fait sentir que je suis vivante…et dès aujourd’hui ça va me faire vivre. Je me levai. Je regardai Nathee.

– J’accepte de travailler pour toi, dis-je. Mais à une seule condition. Je ne veux pas un seul mot sur mon passé.

Je tournai les talons, sentant son regard me transpercer le dos.  J’avais envie d’une bonne douche, comme pour faire couler toutes ces émotions et cette petite voix au fond de moi qui me murmurait que tout était désormais perdu pour moi. On est toujours à une décision prés d’une vie différente. Je venais d’en prendre une: Vendre mon corps.

Que savais-je faire ? Décorer des chapelles, planter, cuisiner et faire des prières. Je n’avais aucune notion du fonctionnement de la société. Ces compétences ne pouvaient me servir en dehors de St Jacques. Et même si je trouvais un moyen sain de gagner ma vie, j’aurais tôt fait de le pervertir. Tellement mon corps m’était incontrôlable. Je ne pouvais décider ni savoir le moment où je céderai à l’appel du sexe, où je sauterai sur un client, un collègue ou une patronne…

Il valait mieux me fondre dans la masse, dans un milieu où s’envoyer en l’air tout le temps était un mode de vie. J’étais donc à la maison. Et pourtant.

L’eau avait cessé de couler. Mes pensées non. A peine une semaine s’était écoulée et j’étais passé de Sainte Marie à une sainte marie-couche-toi-là. Prise de nostalgie, je pris ma sacoche et je sortis mon costume de religieuse. Mes sœurs me manquaient. L’odeur de l’encens, le son de la cloche, les prêtres, la Mère Supérieure et Véronique. Véronique me manquait.
L’avait-on déjà enterrée? Quelles rumeurs circulent sur ma fuite? Me soupçonnent-ils? Me recherchent-ils ? Père Martin avait-il livré mon secret ? Habib ? Ils étaient si loin et si proches.

Je ne savais pas qu’il était possible d’aimer un être, comme je t’aime. Véronique, si seulement tu étais là. L’amour est un bien étrange sentiment. Il ravage tout, il s’en fout de tout. Il s’en fout de la foi, du genre, du métier, du lien: Il est juste là. Intact, inchangé et unique.
«Oh Père Tout-Puissant, recevez la dans votre Humble demeure, elle qui chaque jour n’a cessé de proclamer la bonne nouvelle. Elle, qui dans son amour pour votre Divin Fils, s’est donnée corps et âme au service de sa gloire. Père, Très Saint, ne pensez pas à nos fautes, mais à cette foi si sincère et si grande. Paix à ton âme Véronique. Paix à nos âmes.»

J’ai passé, je crois, toute la journée, à pleurer et à prier pour l’âme de celle qui fut, quelques jours plus tôt, ma partenaire dans la danse endiablée de l’amour. Son sourire, sa timidité apparente, le frou-frou caractéristique de sa robe, nos chuchotements amoureux, nos clins d’œil complices au cours de la messe…Toute cette affection aujourd’hui disparue.

J’en étais à me demander si Véronique n’avait pas trouvé la meilleure solution, celle-là qui nous libère à jamais de ce dilemme compliqué. Le corps ou la foi ?  Et si mourir était la meilleure chose à faire ?

Je me laissais aspirer par le gouffre de cette malheureuse idée quand je ressentis avec exaspération le regard et la présence de CETTE FILLE QUI DÉCIDÉMENT ME TAPAIT SUR LE SYSTEME! Nathee! Mais qu’est-ce qu’elle me veut encore celle-là? Je me retournai…pour la découvrir en combinaison noire. Avec un fouet dans la main. Longue comme la queue d’un tigre noir.

  • Sœur Cathe, trêve de pleurnicheries. Il est l’heure de faire d’autres prières.
  • De quoi parles-tu? lui répondis-je en tentant tant bien que mal de cacher mon exaspération.
  • Déjà fatiguée de moi, ma sœur? Oh non, le jeu vient à peine de commencer. Va te préparer. Tu vas bosser.
  • Quoi? Maintenant?, fis-je hébétée en me levant croyant que cela allait m’ôter l’impression que j’étais toujours en position d’infériorité face à elle. C’était peine perdue. Nathee conservait toujours ce flegme cynique qui me mettait si mal à l’aise.
  • Oui. Maintenant. Ou, tu n’en as pas envie?
N’est-ce pas la question la plus idiote à poser à une nymphomane ? #Founmi Click To Tweet

Nathee, que son âme aille au diable, fit un pas en avant et se rapprocha tellement de moi que nos nez se touchèrent. Alors là, elle m’embrassa, doucement puis avec fougue. Je suis dans de beaux draps. Vous devez bien vous douter que je ne pouvais résister. Je lui ai répondu. On s’est embrassées pendant des minutes. Elle promenait ses doigts sur mon corps en me déshabillant légèrement. Elle savait y faire. Des frissons me parcouraient le creux des reins.

Elle se mit à me presser les seins. Oh oui, j’adore. Au moment où je me décidai à perdre la tête, cette diable de fille s’éloigna, son sourire sarcastique aux lèvres et dit:

– Voilà. C’est fait. Allez! Au boulot.

Frustrée, je la suivis quand même docilement en direction du séjour. Cinq autres filles étaient déjà là, en tenue d’Eve toutes aussi resplendissantes les unes que les autres. Nathee se mit devant elles, maîtresse incontestée des lieux.

  • Les filles, je vous présente Véronique que vous devez déjà connaître après…sa brillante prestation d’hier. Comme je vous l’avais dit hier matin, elle va travailler avec vous.

Elle savait que j’allais travailler avec elle bien avant que je ne donne mon accord. Je l’interrompis furieuse. Est-ce le fait de savoir que j’ai été manipulée ou de me voir attribuer le prénom de Véronique comme pseudonyme ?

  • Comment? Tu savais que j’allais travailler pour toi? Tu m’as manipulée?

Elle éclata de ce rire désagréablement hautain dont elle avait le secret.

  • Je n’ai pas réussi dans le métier parce que j’étais une cruche. Maintenant, tu vas t’asseoir et faire ce que je dis! fit-elle avec une voix si autoritaire que je me suis assise tranquillement comme un enfant réprimandé sur l’un des canapés.
  • Voilà, tu apprends vite, reprit-elle. Je te présente Lolita, Fanny, Nina, Soledad et Vanya. De faux noms, bien-sûr. Tu n’auras qu’à suivre ce qu’elles font. Ces messieurs seront là à 20heures. Vous leur servez les verres d’eau qui sont sur la table.
  • Pour quoi? lui demandai-je curieuse malgré le fait que j’ai remarqué que les autres la suivaient religieusement comme si elles n’avaient jamais entendu ce qu’elle disait.
  • C’est mélangé avec une substance aphrodisiaque, ma sœur. Et la prochaine fois que tu m’interromps…

Elle se tut un instant. Ce qui eut pour effet de faire planer une menace ce qui évidemment m’effraya au plus haut point. Je ne savais pas de quoi elle était mais je sentais qu’elle ferait tout pour obtenir ce qu’elle veut. Elle est déjà une pute, non ?  Elle reprit comme si elle n’avait jamais été interrompue.

  • Vous faites tout ce qu’ils disent et dès que vous sentiriez fatiguées, c’est-à-dire pas avant vingt-deux heures, vous les ferez boire à nouveau, pas toutes ensembles bien-sûr. Le château neuf du pape et pour répondre à Véronique, mélangé cette fois avec un léger somnifère.

Je comprends maintenant les goût acidulés et pourquoi je m’endormais profondément à chaque fois.

  • Au boulot, donc!

Elle lança un regard vers moi.

  • Vous allez très bien vous amuser.

Et elle s’en alla sexy et sûre d’elle.

Tout se passa comme elle l’avait dit. Mon partenaire, par chance, était très viril, entreprenant et pas mal du tout. Nous discutâmes pendant une quinzaine de minutes de diverses choses du beau-temps, de son boulot. Nous étions toutes nues devant eux, comme des marchandises à lorgner avant consommation. Il était avocat. J’aurai dû me douter que la clientèle devait faire partie de l’élite pour que ma diablesse de patronne soit aussi riche. Ensuite, on procéda comme elle l’avait consigné Nathee. Je lui fis boire un peu d’eau, mine de rien. Il ne sembla pas si surpris. On sentait qu’il était un client de longue date. Il s’adonnait nonchalamment à cette mascarade pré-préliminaires.

J’étais si impatiente de coucher et si excitée que je crois que cet homme eu la plus bonne partie de jambes en l’air de sa vie. Il me fit passer du lotus à l’andromaque en passant par la levrette et le chiffre magique. On eut cru qu’il réalisait une grande partie de ses fantasmes à l’instant stimulé par ma bonne volonté. Si seulement il savait que j’y pouvais rien…

Pendant près d’une heure 30, chacune de nous, fit son travail avec toute la bonne humeur de ce monde, souriante et surtout affichant un air satisfait. Lorsque ces messieurs atteignirent l’apothéose, nous les fîmes boire derechef et ils s’endormirent avec nous à leur côté. Je m’endormis aussi mais de mon propre chef sans l’intervention d’aucune substance. Satisfaite pour de vrai et dans un état extatique.

Le lendemain, j’étais à nouveau seule dans le séjour. Tout le monde était parti. Et à mon chevet, il y avait une enveloppe que je pris le risque d’ouvrir même en ayant une idée plus ou moins précise de son contenu. C’était de l’argent, l’argent de ma prostitution. Mon premier salaire. Que dire ? Il y en avait assez pour damner un saint! Je ne savais pas que je valais autant en billets.
Je me suis retirée dans ma chambre, fatiguée d’avoir autant dormi. Nathee n’était toujours pas de retour. Alors, je me fis quelque chose à manger à la cuisine. Je devais faire attention à ce que je buvais dans cette maison parce que je m’endormis comme une souche.

Elle me réveilla avec son regard comme d’habitude et me félicita pour ma prestation d’hier. Apparemment, le client a été très ravi et m’avait donné un pourboire. Ceci expliquait la grosse somme de l’enveloppe. Je ne sus quoi répondre. Je hochai de la tête. Elle me remit la moitié de la somme c’est-à-dire un bon pactole et s’en alla sans plus dire un seul mot.

Des jours passèrent. Je me reposais le matin et le soir, je faisais la chaude marie-couche-toi-là. Et à ce jeu, j’étais très efficace. je couchais avec des hommes gros, minces, beaux, laids mais tous riches. De rares fois, je rencontrais des avides aux désirs loufoques. Certains m’obligeaient à me doigter toute la séance, d’autres à les prendre par derrière moi-même. Des expériences uniques…et des fois, dérangeantes. Comme ce couple qui venait des soirs juste pour regarder ce tableau charnel, fait de soupirs et de plaisirs.

Une nuit, Nathee vint me trouver pendant que je me préparais avec empressement à travailler.  Pour moi, ce n’était pas vraiment un travail mais comme aller à une foire les yeux bandés et toujours surprise, toujours ravie, toujours satisfaite. La vie de rêve. Du sexe tout le temps !

  • Aujourd’hui, c’est moi ta cliente, me dit-elle tranquillement.

Je sens que je vais m’amuser. Cette fille attisait mes sens et jouait avec mes envies comme personne. Je n’avais pas oublié le fougueux baiser qu’elle m’avait donné il y a quelques temps, il y a si longtemps déjà quand je disais au revoir à mon religieux passé.

  • Ah vraiment?, f-je en feignant l’indifférence.

Silence. Elle se taisait mais venait vers moi. Je la vis s’approcher de sa démarche royale. Elle avait les mains dans le dos comme pour cacher quelque chose. Je la laissai m’embrasser et me caresser. Elle me mordillait dans le cou. Je sentis mes nymphes s’humidifier comme pour donner le signal et je voulu la déshabiller. Mais comme la première fois, elle s’éloigna. Etait-ce un jeu? Cette manière de me conduire à l’extrême de mes envies et de me laisser pantoise et confuse.

  •  Tourne-toi!

L’autorité de Nathee influait toujours sur ma volonté. Je m’exécutai, légèrement apeurée. L’instant d’après j’entendis un clic! Elle m’avait menottée dans le dos. Qu’avais-je fait ?

 

Dixième partie

  • Suis-moi, me dit-elle.

Je ne savais pas ce qui m’attendait. Une légère appréhension me nouait l’estomac mais la fièvre qui m’avait envahie était plus forte. J’étais on ne peut plus excitée. Coucher avec Nathee était une telle obsession pour moi. Un fantasme qui vivait jusque là dans mes rêves, dans mes nymphes quand je la voyais et dans le creux de mes reins quand elle me touchait. Je ne faisais que rêver d’elle et de ses yeux. Et ce soir, par on se sait quel miracle, j’allais danser avec elle.

Elle me mena dans sa chambre. Je n’avais jamais pénétré cette chambre depuis, voilà presque un mois, que je vis ici. Une sensation de malaise m’envahit dès que j’y mis pied. Cette fois, ce n’était pas les yeux de Nathee qui me déroutaient mais sa chambre. Froide, glacée sans qu’on puisse dire qu’un humain y vivait. Un lit sobre, une commode, une table de nuit et des murs blancs. Froid comme un cercueil. Ou comme un repaire du mal.

Nathee qui s’était assise sur son lit, un cigare allumé aux doigts, me sourit…constatant ma soudaine frayeur.

  • N’ayez pas peur, ma sœur en Christ. Comme je vous l’ai dit j’ai des goûts très particuliers. Allez! Approchez!

Je vins vers elle, toujours menottée, moins excitée mais de plus en plus intriguée. C’est alors que mon regard tomba sur les objets déposés en vrac sur la table de nuit. Une cravache, un collier comme ceux qu’on met aux chiens enragés, un fouet, une cagoule, une pince à sein et deux bougies blanches. Oh, j’espère que ce n’est pas pour moi.

J’attendais qu’elle réagisse. Mais cette cinglée continuait à fumer son cigare dont l’odeur commença à me donner le tournis. Ce manège dura plusieurs minutes et je commençais à ressentir une sensation très bizarre, je me croyais dans un monde onirique. C’était comme si mon esprit avait ralenti son activité.

Tout à coup, je me mis à rire. Je ne savais plus pourquoi. Je riais à gorge déployée en balançant la tête et en retombant sur le lit. Une lueur de lucidité passagère me poussa à demander à Nathee dans cet éclat de rire totalement injustifié ce qu’elle fumait. Loin de s’étonner de mon état , elle me répondit avec son éternel sourire sarcastique et sans m’accorder le moindre regard.

  • Haschich

J’éclatais de rire. Il n’y avait pas de quoi mais le simple fait de penser à que je venais de franchir un autre palier dans l’échelle de mes périples était hilarant. Elle n’était donc pas une bonne prostituée toute sage. Non, il fallait qu’elle se drogue avec ! Du haschich et puis quoi encore ? Pourquoi m’entraîner dedans ?  Lâche moi, la Nathee ! Je riais et parlais, je crois. Puisque sans un mot, elle déposa son cigare sur la table et m’enleva mes menottes. On aurait dit qu’elle était autant lucide que moi j’étais inconsciente du reste du monde. Elle m’embrassa sauvagement et faisait courir ses doigts sur mon corps avec une telle volupté que j’entendis de nouveau le cri de ma bête. DU SEXE! DU SEXE!

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Je me mis aussi à lui caresser le corps mais comme d’habitude, elle me repoussa. Elle m’enleva le reste de mes sous-vêtements, m’écarta les jambes et m’explora avec sa langue. Oh mon Dieu! Cette fille va me rendre folle. Je jouissais autant de ce qu’elle me faisait que de la torpeur dans laquelle la drogue m’avait enfouie. La sensation était magnifique. Je respirais par mon corps. Elle s’arrêta un instant après m’avoir accordé plus de plaisir que je n’en attendais. Moi, l’ex-religieuse devenue prostituée nymphomane. Je ne désirais plus qu’une chose: me fondre en elle et oublier l’instant présent. St Jacques, Le Père Martin, Véronique, tout semblait si loin à présent.
Nathee, qu’elle soit en cet instant bénie,je ne voyais plus distinctement son visage. Elle était toujours aussi impassible. Je n’arrivais pas à savoir si elle était aussi excitée ou enjouée que moi. Quelle énigme!! Elle prit l’une des bougies sur la commode et l’alluma.  Qu’allait-elle en faire ?

Elle s’assit sur moi et tourna ma tête sur le côté. Elle éloigna la bougie à quelques centimètres de mes seins et la pencha. Ouille! La cire retomba sur mes tétons provoquant une douleur vive en moi. La seconde tomba. La troisième. Aïe! La quatrième. La cinquième. J’avais mal. Je me mis à crier de douleur. Les gouttes de cire s’accéléraient. J’allais perdre connaissance quand je me mis à apprécier cette douleur  J’éprouvais du plaisir à ressentir cette douleur et cette sensation nouvelle, à mi-chemin entre vinaigre et sucre, me ravit. Le plaisir par la douleur, l’amour par la force, Nathee était une sadomasochiste!  Elle ne pouvait éprouver du plaisir qu’en faisant mal aux autres. Voilà pourquoi je sentais que mes baisers ne l’excitaient pas tellement. Voilà pourquoi elle me repoussait juste après. Elle avait besoin de contrôle et de supplications pour jouir. Je l’adore, cette fille.

Et j’aime le sexe. Oups! Cette drogue me fait vraiment un drôle d’effet. En remarquant le sourire sur mon visage, Nathee commença elle aussi à sourire! Un sourire que je ne lui avais jamais vu auparavant. Celui de la joie. Et elle se coucha elle aussi sur le côté et me tendit la bougie.

  • Tiens. Fais moi mal, Catherine!

Je ne l’avais jamais vue dans un tel état. Elle était surexcitée. Je n’étais pas au bout de mes surprises. Je fis tomber des gouttes de cire sur ses seins. Je me retenais de lui mâchouiller les tétons. Elle avait des seins menus et tendres au toucher. Mais ses tétons étaient la plus belle chose de son corps, après ses yeux. On aurait dit deux cerises sur un gâteau. Oh oui, je devais les lui mordiller. J’arrêtais un moment le jeu avec la cire pour lui embrasser les seins. Lentement, avec tendresse comme avec Veronique. Mais elle sembla se refroidir, comme si la tendresse n’était pas son fort. Quel genre de personne déteste la douceur ? Elle est folle, cette fille. J’étais toujours étourdie par le haschich qui embaumait la chambre comme une église, le jour de Pâques. Que faire pour que cette fille jouisse de mes caresses ? Je voulais rallumer la bougie et continuer à lui martyriser le sein avec du feu quand j’eus l’idée géniale de la mordre entre deux caresses.  Elle ne cria pas, non, elle gémissait de plaisir en se tortillant sur le lit…et moi j’étais fascinée. A un moment, je voulus arrêter mais elle me dit:

Et je continuai dans un état second à lui donner du plaisir de manière démentielle. J’introduisis mes doigts en elle, farfouillant son intimité comme une pieuvre et elle en avait la chair de poule. A un moment, elle se convulsa. Jouissait-elle ? Son corps était tendu, comme si elle avait des spasmes. Je l’embrassai. Elle a réussi à atteindre l’orgasme malgré la douleur, drôle de fille!
Elle resta couchée pendant un instant puis se mit à me caresser de nouveau. Et vous me connaissez, je ne pouvais pas résister. On s’engagea à nouveau dans la danse. Cette fois, selon moi. Avec douceur et tendresse. Mais au moment où je devais atteindre le summum du plaisir, Nathee se saisit de la cravache, me retourna sur la poitrine et me lacéra les fesses. Ça, c’est vraiment douloureux!

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J’adorais. Faire l’amour avec elle c’est comme les montagnes russes. Ça monte et ça descend et ça en jouit. Je m’étais habituée à cette sensation complexe et paradoxale de la douleur qui fait du bien. Un plaisir nouveau et envoutant. Elle cessa de me frapper pour ressortir un gode, noir et veineux. Et long…

Ce n’était plus une danse endiablée mais une chorégraphie de tonnerre!  Je pensais qu’elle allait me l’introduire…lentement et entièrement. Mais elle posa sur la commode pour en ressortir deux cigares. Elle les alluma et me tendit un. Je n’avais jamais fumé. Ni du tabac ni de la drogue. Je ne savais même pas comment faire. Je voulus refuser mais elle me lança un de ses regards glacés que je me dépêchai de prendre la cigare entre les doigts. Je ne sais pas si ça s’appelait cigare. Ça faisait la taille d’une bougie normale. Un papier blanc contenant des feuilles et roulé aux extrémités. La fumée de Nathee m’avait déjà fait fort effet. Que se passera-t-il si je fumais pour de vrai ? Je commençais maladroitement à aspirer la fumée. C’était très désagréable. Ma gorge et ma poitrine brûlaient. Je voulais arrêter. Je lançais un regard de détresse à Nathee. Pour toute réponse, elle me dit:

  • Tu aspires et tu recraches,

Suivant ses conseils, je redescendis à nouveau dans les profondeurs de l’inconscience et ce avec une telle aisance que j’en fus étonnée. Nathee elle-même, n’était plus dans son état normal je crois. Elle me dit:

  • Tu sais quoi? Je t’aime baucoup. Oui je suis folle de toi. J’aime ton côté innocent et coupable. Ta fureur sexuelle et ta ferveur religieuse. Tu me fais tellement d’effet et je ne peux plus supporter ces clients qui viennent inlassablement te réclamer et que tu satisfais avec tant de zèle. Tu es à moi, tu comprends ça
  • Tu es à moi! A moi! Seule.

Elle se mit à crier. Je ne l’avais jamais vue dans cet état. Nathee perdant son sang-froid était aussi nouveau que de sentir ce pénis en plastique qui me pénétrais en ce moment. Elle m’avait de nouveau écartelée. Elle agitait le gode lentement en moi. Juste comme je le voulais. C’était doux et intense à la fois. Me faire aimer par une femme avec un instrument d’homme. De mieux en mieux. Elle se rapprocha de moi et répéta: «  Tu es à moi…Tu es à moi. Tu m’appartiens! » . Cela me rappela la nuit où je l’avais rencontrée. Elle scandait cela de la même manière comme une litanie. Cette fille m’hypnotise mais je m’en fous.

  •  Oui je suis à toi! Je suis à toi toute seule…
  •  Tu es à moi. Maintenant. Aime-moi.
  • Je t’aime.
  • Non, avec le fouet.

Cette fille est dérangée. Comment veut-elle que l’aime avec un fouet? Ah, je vais la fesser. Elle ne s’en remettra pas.  Je lui frappai le derrière en y faisant de légères bises de temps en temps. Arrivée à un niveau, .elle attrapa ma main. Et m’obligea à lui mettre le fouet autour du cou.

  • Serre, me dit-elle.

Je m’exécutais. J’étais ivre de bonheur et droguée par le haschich. Je ne savais plus ce que je faisais, ne ne voyait distinctement. Mais mon corps était décuplé dans sa sensibilité. Mes désirs aussi. J’aimais l’effet que cette fille me faisait. Pourquoi je l’appelle même ‘’cette fille’’? Avais-je si peur aujourd’hui de m’attacher à elle comme je l’ai été à Veronique ? Ou étais-je juste désolée de la voir prendre peu à peu sa place dans mon coeur ?

  • Serre encore, un peu plus fort.

Je serrais plus fort avec toute ma force tout en promenant ma langue dans ses oreilles et en suçant son cou. J’entendis des gémissements. Oh la petite coquine, elle adore ça. Alors je serrai plus fort. Elle mit la main sur son cou…

  • Que j’arrête?
  • Non, continue. J’adore ça, fit-elle dans un gémissement à peine distinct. Serre encore. Aime moi ce soir Catherine. Aime-moi comme tu n’as jamais aimé. Comme si j’étais Veronique.

Mais elle n’était pas Veronique. Elle ne le sera jamais. Mais je l’aimais, elle aussi. A ma manière, à sa manière, parce qu’elle était là quand j’ai perdu pied. Elle m’a pris sous son aile. Elle m’a donné le boulot parfait, le cadre parfait et l’amour dosé pour mes affres.

Mais elle ne m’entendit pas et elle ne m’entendra plus jamais. Pendant que je serrai à n’en plus finir, perdue dans mes pensées, dans mes amours passés, engourdie par cette drogue puissante, Nathee avait suffoqué. Elle ne s’était même pas débattue. Elle est morte dans mes bras. Juste comme ça.  Je m’appelle Catherine. Sœur de l’Eglise Catholique, Épouse du Christ, communiante devant le corps. Et je viens de commettre un homicide dans le sanctuaire d’une diablesse.

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Elle était morte. Morte. Mon Dieu, comment en suis-je arrivée là ? Je me mis à rire. La drogue faisait toujours son effet. Elle venait de me réduire à une vulgaire meurtrière. De religieuse à nymphomane, d’une cathédrale à un bordel, d’une sainte à une meurtrière. Qu’allais-je faire ? J’en étais à me demander si Véronique et Nathee n’avaient pas trouvé la meilleure solution, celle-là qui nous libère à jamais de ce dilemme compliqué. Le corps ou une vie sans foi ni loi?

Et si mourir était la meilleure chose à faire ? Comment pourrai-je vivre avec ce meurtre, ce sang, sur mes mains ? J’avais de la cyprine sur les doigts, à force d’avoir mouillé. Et du sang à force de me laisser aller à mon corps.

Une corde, il me fallait une corde. Pour essuyer. Pour m'essuyer. Click To Tweet

 

 

 

FIN

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90 commentaires sur “Sainte marie-couche-toi-là

      1. Franchement u ns mène toujours dans ce long voyage pleines de surprises. Soeur Catherine nymphomane wouahoo… Vivement la suite. Félicitations, tu demi très par ces écrits que même dans l’église tout peux arriver. Oh mon Dieu, où va notre foi face à ce dilemme

  1. Je vais créer un blog qui s’appelera man founmi (ne me donne pas. Enfin, en principe 😀 ) & je vais spoiler les aventures de la soeur Cathérine. MDRR. Bon courage Nigga 🙂

  2. Sainte Marie, mère de Dieu, appelez les pompiers,

    Sa dévouée pour Dieu surmontera sa nymphomanie? Pu le sexe l’emportera sur la foi?? Soeur Marie a désespérément besoin de choisir une voie, celle en accord avec la personne qu’elle est entrain de devenir , oops qu’elle est devenue : « une nymphomane »

  3. Qu’est ce que l’histoire est bonne et incite à imaginer les lignes qui ont suivies.
    Seulement, malgré les efforts que je fais pour raisonner mon imagination, je suis confondu. Cathérine va t-elle lâcher-prise? La fille là me dubitativise! Sauves-nous de la flouée, maman Founmi.
    Good Job MF!

  4. Oh mon Dieu… Y a t’il encore des plumes si légères dans ce monde?? Plaise aux dieux des inspirations t’assister… 😎 j’aime tout simplement

  5. Miam..je n’attend que la suite..waoooo désirez encore sa allais..mais passez à l’acte avec ine femme..huuuum soeur catherine tu as fini dhè

  6. Wouhhh ! Quelle histoire……. soeur nymphomane. Hâte de lire la suite. Merci pour ces textes founmi…. aussi exaltants les uns que les autres……Seigneur liberere la ….lool

  7. À la lumière de ce que j’ai lu d’un coup, je suis captivé par le combat perpétuel de la soeur Catherine dans lequel je me retrouve un peu (le masculin de nymphomane existe t-il ?) !

    Je l’envie de rester fidèle dans son coeur même si son corps lui dicte tout autre chose. En faire un métier pour moi serait définitivement sceler son sort.

    C’est la deuxième fois que je vous lis Myne Flicka et votre plume est aussi diversifiée que captivante nonobstant des phrases qui ne sont pas totalement complètes.

    Très beau récit ! Vivement la suite.

  8. Tellement emballé dans ma lecture que j’oublié mes travaux domestiques 😂😂😂
    Belle plume, au 229 il y a des valeurs…

  9. Lecture captivante qui a laissé pantois de désir le lecteur et l’écrivain en herbe que je suis!
    Je m’abonne a tes lectures passionnantes qui sont très diversifiées et parfois avec un engagement politique de femme moderne africaine qui ne colle pas forcément a l’idée que les africains se font d’elle! Bravo pour ce courage. J’adhère a 100%

  10. Wow un enchaînement inattendu de péripéties. À la fin de chaque événement , on reste dans le suspense et celui qui suit est tellement inattendue qu’on n’a plus envie de s’arrêter de te lire. Vivement le chapitre 11 mais stp met moins de temps à le publier merci et bravo.

  11. Sublime, sublime et encore sublime !
    Cette histoire me rends addict à la fin. Le sujet, les personnages, le storyboard, je suis fasciné !
    Belle plume, fine plume.

  12. Belle, mature, et courageuse plume et pourtant ça doit aller de soi. La lecture à été « difficile ». J’imagine l’écriture n’a pas été facile ?

  13. Mylëne si tu continue on va mettre une fatwa sur ta tête bourrée d’imagination là!! Renversante histoire, magnifique plume (malgré quelques coquilles lol) !!! U did it!! Great!

    1. Merci Yannick. Pour la fatwa, on attendra plus tard. Pour les coquilles, quand tu en remarques, notifie les moi pour que je corrige. Merci 🙂

  14. Toutes mes félicitations à cette plume. Je crois bien c’est une béninoise!? J’ai eu la chance de tout lire d’un trait. Je ne suis pas sûr que je pouvais supporter la sortie séquentielle ☺Veuillez juste me dire s’il y a un moyen de mieux soutenir vos oeuvres.

  15. J’ai pas trop l’habitude de lire…mais j’avoue que je suis entièrement sous le charme. Cette histoire nous fais découvrir parfois quelques aspects sombres que nous avons en nous sans qu’on en ai conscience. Assez courageux…je penses qu’il faudrait en faire un film un jour…ça remplirait les salles partout dans le monde.

  16. Bon. J’ai enfin eu l’occasion de terminer la lecture de Sainte-Marie-Couche-toi-là. Une oeuvre magique, qui parle des forces de la vie, des profondeurs de l’âme, des désirs, plaisirs et souffrances du corps, des émotions légères, plus souvent ardentes, du désir, des violences qu’on subit et celles qu’on s’inflige… on en sort haletant et secoué. Mi-exalté et mi-ensuqué. Que de turbulences, que de tristesse, que d’écorchure, que de concupiscence partie en vrac … C’est une grande oeuvre, Mylène. A relire et à améliorer pour en faire une production de la catégorie des grands classiques. Bravo, bravo, bravo !

  17. Ah j’ai pas fini de lire mais ça m’a fait penser a un extrait que j’ai commence depuis quelques mois et que je n’ai même pas osé continuer car ça traitait d’une histoire d’amour entre un curé et sa fidèle. Je me suis arrêté car je la trouvais assez loufoque. Mais je viens de le rendre compte que je ne suis pas la seule ayant une imagination assez débordante.
    Je viens de te découvrir et tu es génial Mylène. Tu me donnes bien envie de reprendre mes écrits. Merci

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