Une femme sera tuée cette semaine. 

C’est une histoire vraie.


  • Je peux prendre ta photo ?

Aucun mot, juste un sourire. Elle me souriait. Qu’est-ce que cela voulait dire ?

  • Je peux prendre ta photo ?

Peut-être ne me comprenait-elle pas. J’étais loin de Cotonou et de son français favori. J’avais commencé par les cases. Leur architecture me fascinait. C’est le Benin que j’aime. Ce village, je m’y étais arrêté pour manger. J’étais juste de passage. Comme je serai de passage dans la vie si courte de cette petite fille.

Je l’ai vue, à côté de ces fameuses cases, à surveiller le troupeau. Son visage, sa candeur m’ont tout de suite attiré. Je devais capturer cet instant, cette fille.

  • Je peux prendre ta photo ?

Je lui montrai mon appareil et je lui fis des gestes de la main pour exprimer ma demande. A nouveau, le sourire. Elle prit la pose, me sourit encore plus. C’était le oui que j’attendais. Elle était belle.

Un jeune garçon sortit d’une des cases pendant notre petite séance à  nous deux, elle jouant la star et moi, jouant ce que j’étais: Photographe, juste ça. Je le hélais. Je lui demandais s’il comprenait français, en français.

Il me répondit ‘’Oui, je vais à l’école’’ avec une fierté, bien affichée. C’est sur ce même ton qu’il me dira ces choses bouleversantes qui me hanteront pour le reste de ma vie.

  • Comment s’appelle-t-elle ?, lui demandais-je
  • C’est ma soeur !
  • Je la prenais en photo. Je suis photographe. Pourquoi ne va t-elle pas à l’école?
  • C’est une fille. En plus, elle est déjà mariée. Elle sera excisée la semaine prochaine. Tu viendras? Ce sera une grande fête !

Je tenais à mon appareil. Sinon, je l’aurais fait tomber comme mon coeur est tombé de chagrin en entendant ces mots. Elle semblait si jeune.

  • Quel âge a t-elle ?, balbutiai-je malgré cette boule d’émotion dans ma gorge.
  • Oh, 8 ans. Mais elle est déjà mariée, je t’ai dit.

Il pensait même que je la désirais. Je sentais que j’allais vivre de douloureux moments quand je lui demandais d’appeler leur maman, pour que je lui parle. Je devais essayer. Je devais la sauver. Comment pourrai-je vivre si, après avoir entendu ce terrible plan et cette horrifiante condamnation, je m’en allais sans avoir rien fait, rien tenté? Je devais la sauver.

  • Bonjour maman. Je suis photographe. Votre garçon m’a dit qu’elle était mariée et qu’on l’excisera la semaine prochaine, commençai-je.
  • Oh oui, s’exclama-t-elle avec fierté, une fierté presque macabre á mes yeux
  • J’aimerais vous demander de ne pas le faire, s’il vous plaît. Elle est très jeune. L’excision peut lui causer beaucoup de maladies après.
  • On doit le faire ! Sans ça, elle ne peut aller chez son mari, me répondit-elle calme mais très indignée par mes propos.
  • Chez nous, à Cotonou, de nombreuses femmes se marient sans le faire. Et elles se portent bien. Je vous en prie. La lame utilisée pour le faire peut lui donner des infections. Elle est encore jeune, s’il vous plaît.
  • Non, il n’en est pas question.
  • Je peux vous donner de l’argent, si vous le souhaitez. Ne l’excisez pas, je vous en supplie. Tenez prenez ceci. Je vous en supplie.

Mais elle ne me regardait déjà plus. La fille avait déjà disparu dans l’une des cases, remplacée par une autre femme. Sa tante, il me semblait. Mise au courant de mes supplications, de mes revendications, elle se mêla de notre conversation. Et pas de la plus belle manière.

  • Non, non et non! Pourquoi lui parlez-vous ? Tout est prêt et fixé déjà! La semaine prochaine, elle sera excisée ! Partez!

Elle criait, faisait de grands gestes. Dans cette langue que je ne comprenais pas, au milieu de ces Béninois pour qui j’étais un étranger, elle me demanda de partir. J’étais l’intrus. La tension montait sous les cris de la tante. Je ne voulais pas m’exécuter. Je devais la sauver.

  • Partez ! Partez!

Difficilement, je tournais le dos à cette concession, à ce village, à cette famille, à la fille. Je suis parti. Complice impuissant d’un meurtre.

Cette semaine, dans ce village, une femme sera tuée. Elle sera sacrifiée sur l’autel de la tradition, transpercée par un homme 10 fois plus âgé qu’elle. Ce sera même célébré comme une festivité. On lui enlèvera sa féminité, on lui choisira un avenir comme on lui a choisi un mari. Elle n’a que huit ans. Juste huit petites années. Juste 8 ans.

Cette semaine, la fille sera tuée. Et moi, je n’ai pu rien y faire. Elle sera tuée. Et tout ce que j’ai pu faire c’est une photo.


Mis à jour ce 05 mai 2016.

Des dispositions ont été prises pour sauver la petite fille. Elles ont débuté depuis plusieurs jours et se poursuivront jusqu’à ce qu’elle soit totalement hors de danger, maintenant et après.

Grâce à vous, grâce à tous. Merci beaucoup pour l’engagement, l’indignation et surtout l’aide ! 🙂

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40 thoughts on “Une femme sera tuée cette semaine. 

  1. Sincèrement je ne sais pas ce qui dérange… la modernité qui rend la tradition vieille et dépassée ou le rejet d’une jeunesse, voilée par l’enseignement occidental, de sa propre tradition ou encore la vieille corde (qui est la tradition) est assez abîmée pour que la jeunesse en tisse une nouvelle… Je poursuis ma réflexion sur la question mais je reste ouvert à d’autres pistes.
    L’histoire était captivante et bien déroulée. De la bonne écriture. Landry

    1. ça fait encore un effet bizarre quand tu te mets à imaginer les lieux…
      Mais je n’écris pas pour ça. C’est juste que les interrogation de Monsieur Landry m’ont un peu ahuri. Au delà de vous, il existe cette jeunesse qui pense que l’expression de leur africanité passe par la promotion d’une tradition féodale sélective mal assumé. Lire cet article et dire « sincèrement je ne sais pas ce qui dérange… », j’espère bien que vous m’inviterez au mariage de votre fille quand elle aura 8 ans, que vous allez l’envoyer au village faire charcuter son clitoris (n’oubliez pas les petites lèvres aussi) et que vous allez organiser une grosse fête pour l’accompagner chez son prétendant qui aura deux fois votre âge!
      Au moins, je me réjouis un temps soit peu que vous soyez au moins ouvert à d’autres pistes.
      Merci Mylène et bien à vous!

      1. Merci Inoussa. Je n’ai pas voulu répondre parce que j’étais encore sous le choc. Merci de leur rappeler que l’africanité n’est pas synonyme de retour à la barbarie.

  2. Bonjour Foumi,
    J’ai lu l’article et j’ai été offusqué au plus profond de moi. Certes, j’ignorais pas que l’excision sévissait toujours dans mon cher pays le Bénin mais cet article m’a de nouveau rappelé ce que de nombreuses enfants , de nombreuses filles encore innocentes vivent dans ces villages . C’est tellement aberrant de voir que ces pratiques loufoques ( si je peux bien me le permettre) existent toujours. Il urge vraiment que cela change car cette sorte de souffrance qu’on inflige à ces filles ne peuvent pas continuer. Mais hélas, que dis-je ? Je sais très bien que malheureusement, il y aura d’autres , d’autres filles qui verront leurs avenirs être malmenés de la sorte. Qu’elle triste réalité ! Tellement je me sens impuissant devant de tels actes mais Je reste quand même optimiste qu’un jour, oui un jour je ne lirai plus un genre d’article traitant d’une pareille histoire comme celle-la et que cette pratique disparaîtra complètement de nos mœurs.
    Merci au photographe et à Mylène Flicka pour cet article réaliste écrit avec une justesse de mots. De par lui, vous contribuez déjà à la lutte contre cette mauvaise pratique qu’est l’excision. Bonne continuation à vous !
    Bien cordialement,
    Dona Willyas

  3. Je n’ai pas de mots pour exprimer, le sentiment qui est monté à mon esprit quand je lis ces lignes. 8 ans? c’est un crime. La tristesse de se sentir impuissant face à une injustice qu’on qualifiera de tradition de chez nous.

  4. Je suis dégouté, je n’arrive pas à croire que ce genre de choses se passe encore chez nous au Bénin. Cette histoire me fais me sentir impuissant et sans cœur parce qu’ à quelques kilomètres de Cotonou des enfants se font mutilés et traités comme objet sexuelles. Que peut-on faire? Nous ne pouvons plus tolérer ce phénomène. Signons une pétition! Engageons la responsabilité de l’Etat! Faisons quelques-choses!

  5. N’y a t’il pas un moyen de faire intervenir les autorités locales ou des forces de l’ordre pour empêcher ce crime(parce que pour moi, c’est un crime!!)?
    Et surtout, n’y a t’il pas une loi qui interdit cela?
    Empêcher cet acte pourrait être une révolution! Et surtout, pourrait sauver plusieurs autres petites filles à l’avenir.

  6. Personnellement je pense que tu peux te sentir coupable .car dans un pays où le droit interdit cet acte ,même devant le refus et le rejet des parents , tu aurais dus alerter les autorités (si il y en avait évidement ) et sortir. cette fille si belle de ces mains macabres qui souilleront son corps à jamais ..Moi personellement j’aurais fait un scandale car c’est la passivité qui laisse perdurer ces actes dans notre pays.Le Bénin c’est pas seulement Cotonou et il serait temps que les autorités fassent leur boulot dans ce sens ..j’ai juste honte de voir que sa se fait dans mon pays..pff dégoûté.

  7. Comme par hasard je venais juste de suivre une serie documentaire sur l’excision des jeunes filles au Burkina et la possibilité de la reparation du clitoris de nos jours .ca m’avait vraiment touché leur temoignage du coup tombé sur cet article n’a fait que me clouer d’avantage pendant qu’il est encore temps pour sauver cette jeune fille je voudrais qu’on agisse pour la sauver pourquoi pas retourner sur les lieux avec les forces de l’ordre ou toutes au moins les prevenir?

  8. Mylène, belle plume au départ.
    L’histoire de la petite bien touchante montre également les tars de notre communauté. Choquant, j’ai été mais pensant je suis car il urge qu’on agisse.
    La coïncidence a relevé le cas de cette fille et les milliers autres, qui n’ont peut être pas 08ans.
    Il est temps de dépasser certaines pratiques dans notre communauté.

    #agissonsmaintenantensemblepoursauvernossoeurs.

    René ATCHA.

  9. C’est vraiment triste de lire ce genre d’article. Quand je pense que que X pouvait être ma soeur, ma cousine, ma nièce, ma fille… Je suis animé d’un esprit de vengeance,de révolte, seulement je me sens en même impuissant face à ce poids de la tradition qui ruine la vie de nos soeurs. Merci au photographe pour avoir attirer notre attention sur ce faite et pour nous avoir réveiller de notre sommeil nous devons impérativement agir pour ses pratiques soient Barnie de notre société.

  10. Comment vaincre une tradition aussi ancrée dans nos habitudes ? Malgré les campagnes pour sensibiliser les populations, certains villages composés d’irréductibles béninois, résistent encore et toujours à  » l’envahisseur » . Nous devons faire quelque chose pour sauver les autres. Merci Mylène pour cet intéressant article.

  11. Je suis attristée à la lecture de ceci et je me mets à disposition pour aider à ma manière pour empêcher que cela ne puisse se réaliser…tradition n’est pas synonyme d’animalite…il faut qu’on puisse se mettre à la place de cette âme innocente et de ces âmes innocentes qui subissent ce poids erroné…suis femme et aucune femme ne le mérite ce châtiment…du courage et merci de nous revenir sur l’évolution de la situation…

  12. Le code de l’enfant dispose en son article 372 que :  » est punie de trois 3 ans à cinq ans d’emprisonnement et d’une amende allant jusqu’à trois millions de francs CFA, toute personne qui pratique sur un enfant une mutilation sexuelle sous quelque forme que ce soit….. »
    L’art 374 punit celui qui informé, n’a rien fait pour empêcher la commission de l’acte de 6 mois à 2 ans d’emprisonnement.
    Mieux l’article 3 de la loi n* 2011-26 du 9 janvier 2012 portant prévention et répression des violences faites aux femmes dit que la fille de moins de 16 ans ne peut valablement donner son consentement à l’acte sexuel. D’où tout rapport sexuel tenu avec celle-ci est un viol. Alors que l’article 345 du code de l’enfant en son alinéa 2 dispose que :  » lorsque le viol est commis sur un enfant de moins de 13 ans , il est puni de la réclusion à perpétuité »
    Chers amis, les lois existent. Veuillez nous donner un peu plus de précision sur la localité et nous allons aider !

  13. Je n’ai pas pu fermer l’œil de la nuit après avoir lu cet article. Le visage si beau et si innocent de la fille a hanté mon sommeil et m’a fait promettre de ne jamais rester impassible face à ces actes.Nous n’avons pas besoin d’être riche ou d’être une personnalité politique avant de faire de notre mieux pour lutter contre ces actes aberrants. J’ai hâte d’avoir de ses nouvelles.

    1. Le modernisme en est encore à son etat embryonnaire au bénin et du coup,sa décentralisation n’est qu’une chose à rêver pour les prochains siècles.on ne peut pas accuser les parents qui se débarrassent ainsi de leur fille.de manière conventionnelle, c’est des choses qui leur sont familières. Juste qu’ils ne réalisent pas l’infâme barbarie dont ils font preuve.
      En espérant que des efforts soient faits dans le sens que nous voulons tous,faudrait dire déjà que c’est un bon boulot… Je crois que d’autres comme ça pourraient arriver à booster la conscience comme sur ces sujets….il ne sert a rien de s’indigner. Ce n’est pas en serrant fort les yeux que les larmes pourraient se retenir

  14. Que De Tristesse Et Désolation ! Nonobstant Ce état de chose, Mon Cher Pays Se Veut Être Un Pays De Repect Des Droits Humains, Ce qui S’explique d’ailleurs Par L’existence De Plusieurs Textes (Nationaux Comme Internationaux) Servant D’instrumentum En Droits Humains. Cette Question Même De Mutilations Génitales Féminines A Préocupé Le Comité Des Droits Économiques Sociaux Et Culturels Des Nations-Unis, qu’il en a fait mention Dans Ces recommandations Faites Au Bénin En 2008 dans une perspective de criminalisation de cette pratique.Toutefois Il Est À Déplorer Le Manque De Mésures Idoines Dans Ce Sens, Et L’amère Constat Est Que Cette Pratique Persiste Dans Certaines Localités Du Bénin Ce Qui Témoigne D’un Manque De Politique Efficente De L’État Dans Le Respect Et La Garantie Des Droits Humains En Général.En Tant Qu’activiste Des Droits Humains Je Crois Que Les ONGs De Défense Des Droits Humains Doivent Travailler D’avantage Pour Le Suivi De La Mise En Œuvre Des Recommandations En Matière De Droits Humains.

  15. Article tout aussi pathétique que revoltant ! ! Malgré les sensibilisations faites par les ministères de la famille et de la santé béninoise ; cette pratique perdue . je crois qu’il faudrait alerter les autorités du département et X et les milliers de petite-filles seront sauvées

  16. Elle qui m’a toujours révoltée. Mais là on parle d’une pratique barbare, d’une véritable mutilation qui peut se révéler mortelle lorsque les conditions d’hygiène ne sont pas optimales et qui de toute façon, exclut d’office et pour toute la vie tout espoir de plaisir sexuel pour la femme mutilée. C’est vraiment triste et dommage qu’elle continue de faire ravage dans nos villages. Tradition et excision riment t’elles ????? NONNNNNNNN…. Faudraient que des interventions soient faites afin d’y remédier.

  17. Putain mon ventre !
    Oh non svp mon ventre !
    PAS ÇA !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
    Déçu… Je suis déçu… Mon ventre 😓😓

  18. Pas de panique mes chers amis. La situation est très préoccupante certes, mais ce récit constitue une sorte d’alerte qui permettra aux autorités compétentes de prendre les dispositions qui s’imposent. Pour information, les forces de l’ordre dans l’Atacora tout comme partout au Bénin sont suffisamment instruites sur ce genre de cas et ont carte blanche pour appréhender les auteurs d’abus et violences sur mineurs, et de les présenter au procureur. A l’avenir face à de telles situations, ayez le réflexe de prévenir la gendarmerie, le centre de promotion sociale, le chef d’arrondissement ou le maire. Des ONG comme PLAN INTERNATIONAL BENIN œuvrent depuis plusieurs années sur le terrain en faveur de la protection et de la promotion des droits de l’enfant, et j’ai personnellement après lecture de ce récit contacté mes collègues sur place à Cobly pour de plus amples informations sur cette affaire. je suis tout de même surpris que cette scène se déroule où les populations sont suffisamment averties sur l’interdiction de la pratique des MGF (Mutilations génitales Féminines) et du mariage forcés, surtout quand il s’agit des filles mineures.je suis aussi surpris par la facilité avec laquelle les hôtes de l’auteur se sont ouvert aussi allègrement à lui sur des pratiques qu’ils savent proscrits par la loi et dont ils ont vu des contrevenants proches à eux se faire incarcérer. je le suis davantage quand je sais que les miens n’ont pas vraiment pour habitude de s’ouvrit facilement aux inconnus.
    Par ailleurs j’aimerais inviter les uns et les autres à faire preuve d’indulgence envers ceux qui perpétuent ces pratiques dégradantes, car il ne s’agit nullement d’un entêtement. Le responsable ici c’est l’ignorance, l’analphabétisme et les pesanteurs sociologiques. Vous les comprendriez mieux si vous aviez l’occasion de discuter avec eux. C’est un combat de longue haleine et nous devons persévérer dans la sensibilisation.

  19. Franchement je ne sais pas quoi ressentir. Je suis partagée. Nous sommes en Afrique et l’Afrique c’est la calebasse pleine de farine de maïs à l’huile rouge, le poulet sacrifié pour le vaudoun, la virginité jusqu’au mariage et parfois l’excision.
    Ce sont nos réalités, nos moeurs, nos coutumes. Pourquoi en avoir honte? Je suis désolée pour cette petite fille mais pas choquée ou indignée. Je suis noire et oui toutes nos pratiques ne sont pas honorifiques ou glorieuses mais ce sont nos pratiques.
    Je m’en arrête là. Merci

    1. Il Ya une certaine contradiction dans votre post Chris. Vous assumez de telles pratiques mais vous reconnaissez qu’elles ne sont pas « glorieuses ni honorifiques ». Je vais aller plus loin. En tant qu’africain avec les pieds et les mains plongés dans la tradition, j’estime que cette pratique est rétrograde et déshumanise la femme.
      Je crois même savoir l’origine de votre point de vue. Il vient de l’opposition Ipsos facto de ce qui est africain aux autres (l’Occident, l’éducation moderne etc). Aucune pratique humaine ne peut être exempté d’aménagement, d’adaptation ou d’éradication à cause de son caractère ancestral ou traditionnel. Surtout si elle ne concorde plus avec son temps. Et cela relève plus du bon sens que de tout autre chose. C’est à dire, se poser juste la question à savoir si la chose que je défends (par action ou par inaction) cause t-elle des souffrances aux autres? Faites-en usage, vous verrez que les jours seront plus longs que les nuits dans votre conception des choses…
      Amicalement

  20. Merci 1000 fois pour la vie de cette enfant!
    Elles sont des centaines à mourir ainsi chaque années sur le continent au nom de la tradition. Elle n’a que 8 ans, ce n’est encore qu’une enfant, qui n’a même pas encore pleinement conscience d’être une femme mais déjà on veut la priver de sa sexualité, la blesser dans sa chair et dans sa tête. Nous sommes Africains et attachés à nos traditions/coutumes, mais quand l’une d’elles ne se justifie pas et fait plus de mal que de bien ne devrait-on pas la délaisser?

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